Guéret : capitale mondiale du Cannabis (2/3)

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Le chaman est de retour pour le second volet de ses aventures Creusoises. Dans cet épisode nous allons découvrir les méthodes qu’il faudra employer pour faire qu’une ville en galère, devienne la plus prospère de France, grâce à l’herbe des dieux.

Mystique fantaisie et fiction sur Le Cannabiste. Guéret : capitale mondiale du Cannabis par Jérémie Schwartz.

 

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Tout a commencé par une conférence de presse baroque, joint au bec et pied au plancher. La maire se foutait royalement de se faire lyncher par la presse. Du moment qu’on parlait de sa ville… En bien, en mal, en caricatural. Tout, sauf cette indifférence dans laquelle ils s’enfonçaient chaque jour un peu plus.

Les premiers rangs de la salle des fêtes étaient occupés par la presse régionale. Yvon, Sophie, les gueules habituelles. C’est derrière que ça se corsait. Alléchés par l’odeur du Grand Soir, une bonne dizaine de journalistes estampillés ganja avaient fondu sur Guéret. Des doux-dingues, des sympatoches, un rasta blanc (pour les quotas) et, incroyable, Le Cannabiste qui avait fait le déplacement depuis son Ariège pas natale. Il y avait aussi un Lyonnais patibulaire pour le site « fiers et patriotes » et deux freluquets de France Culture venus mettre leurs Stan Smith à l’épreuve de la haute campagne. Un vent frais et mentholé soufflait sur les remparts de la cité. Après tant d’années de mépris, Guéret était au centre des intérêts.

Pas anxieuse pour un sou, la maire planait. Forcément, c’était son premier joint. Alors, elle a fait sobre, merci à tous et à toutes d’avoir accepté ma fumeuse invitation. Rires. Certains très jaunes. Pendant que son pétard se consumait en arabesques mystérieuses, elle a présenté les cinq leviers qui transformeraient la Creuse en Eldorado.

– Le premier levier : encourager la culture du chanvre qui trouvera très vite de nombreux débouchés, notamment à l’exportation. Je vous le dis, le Made in Guéret fera un carton.

L’assemblée était attentive, sur le qui-vive.

– Hum. Second levier : devenir une terre d’accueil en permettant l’installation gratuite sur le domaine public de porteurs de projets d’avenir dans le développement durable, le chanvre ou le tourisme.

Les appareils photos ne crépitaient même plus. En confiance, Le Cannabiste en a profité pour se rouler un cône bien gourmand. Un tiers hash, un tiers CBD, un tiers herbe. Il vous donnera la recette. Voyant son auditoire réceptif, madame la maire a déplié son argumentaire.

 

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Peyrat le Chateau – Image Guillaume techer @ Unsplash

 

 

– Passons au troisième levier avec l’édification d’une Cône Valley. Pour cela, nous militerons pour la création de quartiers politique de la ville (ou zones franches) destinés aux entreprises travaillant dans le secteur du chanvre. Nous allons aussi mettre en place un système de bourses de recherche grâce au financement surprise d’une multinationale du CBD. »

– Laquelle ? a-t-on automatiquement rétorqué.

Elle a fouillé dans sa veste bleu marine et en a retiré un petit sachet cartonné.

– Cette marque-là : « Green Dream » Leader sur le marché canadien du CBD. Ce que je fume devant vous. Vous n’avez quand même pas cru que… bref, il paraît que le CBD est très bon pour soulager les douleurs de dos. Surtout en infusion. C’est tout à fait légal, on se le fait livrer chez soi, et ça ne comporte pas d’effet psychoactif. J’appelle donc les actionnaires de Green Dream à investir à hauteur de leur motivation sur la révolution du cannabis en France. Ça se passe ici. À Guéret. En avant-première nationale.

– C’est un placement de produit éhonté ! a vociféré un vieux baroudeur encatogané.

– Oui et je n’ai aucun problème avec ça. Peut-être préférez-vous les tractations et les appels d’offre déguisés. Désolé, mais nous avons besoin de transgresser quelques codes pour arriver à nos fins. Alors Green Dream, ou un autre, nous somme tout ouïs. Je poursuis. Quatrième levier : dynamiser le centre-ville en cédant aux Creusois ambitieux des baux commerciaux pour 1 euro symbolique. Restaurant locavore, magasin de souvenirs, salon de massage, escape game, librairie spécialisée ou galerie d’art…

Le même gratte-papier s’est levé, sans demander la permission :

– Pardon, madame la maire, mais si un commerçant déposait plainte pour concurrence déloyale et…

– Ces commerces n’entreront en concurrence avec aucun commerce existant. Alors, si un mauvais coucheur ose porter plainte pour concurrence déloyale… autant vous dire que je placarde moi-même sa tête sur toutes les pissotières de la ville ! Personne ne rachètera ces murs sans incitation. Le centre-ville est à l’agonie. Alors, incitons, attirons !

– Et s’il s’agit d’une décision du préfet ?

– Si le préfet voulait la jouer bras de fer, je ferais traîner la procédure jusqu’à ce que le commerçant ait dégagé suffisamment de bénéfices pour qu’il puisse racheter le bail au prix du marché.  Croyez-moi, je serais inventive. Je veux être la maire qui amène l’emploi à Guéret, pas celle qui dit qu’elle n’y peut rien, mon cher Gauthier. Cinquième levier : devenir une enclave de tolérance envers les fumeurs de CBD.

Les derniers rangs de la salle ont pouffé de rire. Visiblement, beaucoup de fumeurs de CBD parmi la presse spécialisée.

– Faire comme la Nouvelle-Orléans, seul État des États-Unis où l’on peut consommer de l’alcool dans la rue, mais avec le hum… CBD. Liberté, égalité, joints roulés. Vous verrez, le tourisme va exploser.

 

à suivre ’’

 

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– Textes et images Jérémie Schwartz pour The Blinc Group – Le Cannabiste 2018 Tous droits réservés –

A propos Jean-Pierre 916 Articles
Fondateur et rédacteur en chef du site : LeCannabiste.com. Je suis un journaliste autodidacte spécialisé dans le domaine du Cannabis. J'ai été choisi par un incubateur de Cannabusiness New Yorkais pour devenir leur consultant permanent en matière de Cannabis. Je publie de nombreux articles interviews et essais en langue Anglaise ainsi que pour la presse Française et l'industrie du Cannabis en général.