L’Italie vient-elle de classer le CBD stupéfiant?

Publicité

Un arrêté du ministère de la Santé vient d’inclure parmi les médicaments pharmaceutiques: les compositions pour l’administration orale de cannabidiol obtenues à partir d’extraits de Cannabis. Il s’agit de préparer le terrain légal et commercial, pour le médicament au CBD: Epidiolex, mais pas que….

L’ingrédient actif du Cannabis reconnu par la médecine et l’Organisation mondiale de la santé comme non psychotrope pourrait être considéré au final par la justice  Italienne, comme une drogue et formellement interdit mais tout n’est pas encore perdu.

Tandis que les professionnels du secteur dénoncent une manœuvre médiatique, les militants du Cannabis médical eux décrivent une position à contre-courant de tout bon sens sanitaire.

Une mesure qui soulève l’indignation de la classe politique. L’Italie vient-elle de classer le CBD stupéfiant? C’est l’actualité à chaud sur Le Cannabiste.

 

* * *

L’arrière garde prohibitionniste tient encore de nombreux sièges en Italie.

En tête de pont l’agence italienne qui gère les droits douaniers et le monopole d’état. Elle est dirigée par Marcelo Minenna à 49 ans c’est par lui que passe ce nouveau retournement de situation. Un tournant problématique pour les entrepreneurs du chanvre/CBD en Italie.

 

Image GW Pharmaceuticals Tous droits réservés

 

#Epidiolex

Après avoir reçue une licence, ces derniers mois en Italie l’Epidiolex un médicament à base de CBD, est sur le point d’être commercialisé par GW Pharmaceuticals.

On sait que les pressions exercées par l’industrie pharmaceutique vis-à-vis du CBD sont considérables dans toute l’Europe, en amont de l’ouverture précise du marché Italien, c’est tout un écosystème qui pourrait se retrouver dans la balance.

 

* * *

 

Le décret évoque clairement : 

« Une demande d’autorisation de mise sur le marché d’un médicament, dans une solution buvable contenant du cannabidiol, est en cours d’évaluation à l’Agence italienne des médicaments (AIFA) a déjà reçu une autorisation de mise sur le marché centralisée de l’Agence européenne des médicaments (EMA) »

 

L’arrêté du ministre de la Santé Roberto Speranza, publié au Journal officiel jeudi dernier, incluait les médicaments à base de substances actives narcotiques dans le tableau des drogues classées nommant très précisément les ‘compositions pour administration orale de cannabidiol obtenues à partir d’extraits de Cannabis‘. 

 

* * *

 

Aussi soudaine que malvenue, cette manœuvre risque de mettre en danger des centaines d’entreprises Italiennes déjà spécialisées dans les domaines du chanvre et du CBD.

Les extraits liquides à base de CBD se retrouvent interdits alors les huiles alimentaires ne pourront plus être produites ni distribuées en Italie. Vous me direz, en théorie elle le sont déjà ?

Mais ça ne s’arrête pas là.

#Fleurs interdites?

Jeudi dernier, le directeur général de l’Agence des douanes et des monopoles, Marcello Minenna, a interdit la vente d’inflorescences, d’huiles et de produits dérivés du chanvre sativa.

 

 

Les représentants des commerces de proximité, des pharmacies et des parapharmacies sont priés.

« De s’engager à ne pas détenir et vendre, au sein de l’entreprise, des feuilles, inflorescences, huiles et résines ou autres produits contenant des substances dérivées du chanvre sativa (…) en violation de la législation sur les médicaments en application du décret présidentiel no. 309 »

Une prise de position à contre-courant que dénoncent un certain nombre de parlementaires de la gauche Italienne.

 

pdf

 

Plus de 70 parlementaires de l’Intergroupe Pour le Cannabis Légal, qui réunit les parlementaires du Parti démocrate, M5S, Radicali, Italia Viva et la même LEU du ministre Speranza ont adopté une position commune.

« Une décision illogique de la part du ministère, qui pénalise gravement l’ensemble du secteur de la culture du chanvre.  laissant ainsi le champ libre aux géants pharmaceutiques

La décision est en contraste évident avec ce qui a est encouragé par le ministère de l’Agriculture qui a récemment inclus les produits du cannabis parmi les variétés médicinales, en commençant les chaînes d’extraction des principes de cette plante noble ». – Source

Le Décret du 1er Octobre sur le classement du CBD

 

#Pas de Panique

Parmi les principaux concernés, c’est à dire les négociants, certaines vois appellent au calme. C’est le cas de Sandra D’Alessio. Nous lui avons parlé ce matin, et elle nous fait part de ses réserves.

« Ce que vous avez là c’est juste une campagne médiatique pour stigmatiser ce négoce. Les autorités ne font que réaffirmer une loi qui existe déjà. Il a toujours été interdit de commercialiser des huiles au CBD dans un but alimentaire.

Il s’agit de préciser les modalités de distribution des médicaments au CBD, sous l’influence des gros lobbies de l’industrie pharmaceutique.

Mais pas de panique! D’un point de vue strictement légal rien ne change pour les grossistes et les commerçants de détail. » Sandra D’Alessio, négociante grossiste en CBD New Moon

 

L’Europe du Cannabis légal, souffle le chaud et le froid en attendant qu’un état courageux et inspiré ne finisse par prendre le bédo par les cornes.

* * *

À défaut de choix et d’harmonisation des règles de l’union en matière de Cannabis récréatif et de CBD. Ce sont les états les moins scrupuleux qui imposeront leur loi.

 

 

Le laisser-faire ou le bâton: à venir: des années de gaspillage judiciaire et de confusion dans toute l’union. Cela deviendrait surtout un véritable parcours du combattant pour les entrepreneurs de ces nouveaux métiers.

 

Commentaires, réactions: Le Cannabiste sur Facebook / Twitter

Sources :  AGI /// Fanpage It /// Gazzetta Ufficiale /// Droghe ///  Dolce Vita

– Jean-pierre Ceccaldi pour The Blinc Group – Le Cannabiste 2018 Tous droits réservés –

Commenter cette page avec votre utilisateur Facebook

A propos jean-pierre 721 Articles
Fondateur et rédacteur en chef du site : LeCannabiste.com. Je suis un journaliste autodidacte spécialisé dans le domaine du Cannabis. J'ai été choisi par un incubateur de Cannabusiness New Yorkais pour devenir leur consultant permanent en matière de Cannabis. Je publie de nombreux articles interviews et essais en langue Anglaise ainsi que pour la presse Française et l'industrie du Cannabis en général.