Checkpoint Canada: Cannabis légal, mais pas banal

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‘Le Cannabis c’est légal mais ça n’est pas banal’. Cette déclaration du Ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux du Québec, Lionel Carmant, date du 28 Novembre 2018. Aux vu des nombreuses problématiques auxquelles le commerce de l’herbe doit faire face, elle semble aujourd’hui justifiée. Après 180 jours de légalisation du Cannabis récréatif au Canada, c’est le checkpoint Le Cannabiste sur la situation en cours.

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#Papa a raison   Ce ministre, qui fait des vers sans en avoir l’air, souhaiterait faire passer la loi numéro 2 au Québec. Parmi les propositions contenues dans ce projet, l’interdiction de consommer du Cannabis en public et l’augmentation de l’âge minimum requis à 21 ans, contre 18 dans le reste du pays. Le projet de loi interdit aussi :

  • la possession de Cannabis sur les terrains, dans les locaux ou dans les bâtiments des établissements d’enseignement collégial ou universitaire, à l’exception des résidences universitaires;
  • à la Société québécoise du Cannabis (SQDC) d’exploiter un établissement à moins de 250 mètres des établissements d’enseignement collégial ou universitaire.

 

 

Ainsi les Québécois de 18 à 21 ans ne pourront bientôt plus acheter ou posséder légalement du Cannabis. La SQDC, qui compte 15 employés âgés de 18 et 20 ans se verra obligé de les licencier si la loi est adoptée. De plus, 4 personnes déjà engagées pour des succursales dont l’ouverture a été reportée, risquent de ne jamais obtenir leur poste.

Ce sont donc 19 travailleurs au total qui seront affectés par la loi. La consommation d’alcool, de tabac, ou d’opioïdes a beau faire plus de ravages que le Cannabis chez les plus jeunes, elle ne préoccupe pas outre mesure l’actuel gouvernement Québécois.

Ses effets sur la santé et les problèmes sociaux qu’elle entraîne ne sont pourtant pas ‘banals’, pour emprunter l’adjectif cher au ministre Lionel Carmant. Apparemment à 18 ans au Québec on pourrait conduire, décider de s’engager dans l’armée, avoir des choix civiques, boire de l’alcool, fumer du tabac mais pas de Cannabis. Légal…

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Source MTL420Tours

#Bail Bail Québec

En ce qui concerne l’interdiction de consommer du Cannabis dans tous les lieux publics, M. Fortin, porte-parole du Parti libéral du Québec, rappelle que des locataires ne pouvant pas fumer dans leur logement n’auraient finalement aucun endroit pour le faire. En effet depuis la légalisation, chaque propriétaire a eu la possibilité de modifier son bail de location.

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L’objectif : empêcher la consommation de Cannabis par le locataire au sein de son bien immobilier. Et d’après nos Amis du Bloc Pot, les procédures vont bon train. Mais voilà, il y a quelques jours un propriétaire qui voulait interdire à sa locataire de fumer du Cannabis a essuyé un revers de la part de la Régie du logement du Québec. Selon la juge, les preuves présentées par la plaignante étaient suffisantes pour empêcher son propriétaire de modifier son bail. Et voici la preuve en question :

« Cette patiente consomme du Cannabis et affirme que cela l’aide au niveau de son appétit et de son sommeil. »Déclaration du médecin traitant de la plaignante

Il s’agissait en réalité d’une ‘automédication’, écrit la juge administrative dans sa décision rendue le 7 mars dernier à Montréal.  La locataire est parvenue à plaider avec succès qu’elle fumait ‘pour des raisons médicales’. Obtenir une ordonnance demeure difficile au Québec, car peu de médecins osent prescrire du Cannabis. Mais on peut dors et déjà imaginer les salles d’attente se remplir.

#Ontario tari

En Ontario, après près de six mois de légalisation, les premiers dispensaires ont vu le jour. Hourra! Sauf que la majorité des 25 premiers magasins de Cannabis de l’Ontario n’ont pas pu ouvrir leurs portes comme prévu. Plusieurs boutiques n’ont pas encore reçu leur licence d’exploitation et les autorisations nécessaires pour aller de l’avant.

Douze licences au total qui, et c’est un comble, se voient infliger une pénalité de 12 500 dollars. Ils devront la régler à la Commission des alcools et des jeux de l’Ontario (CAJO) pour ne pas avoir été prêts le 1er avril. Énorme le poisson, car plus ils accumulent du retard, plus la pénalité augmente.

Les ruptures de stock ne risquent donc pas de disparaître de si tôt. Selon Jay Rosenthal, président de la publication en ligne Business of Cannabis, des problèmes d’approvisionnement semblables à ceux qui ont été observés dans d’autres provinces sont à prévoir.

#Pavu, pas prix

Le prix du Cannabis a connu une hausse significative depuis sa légalisation. Les produits proposés en vente légale se vendent plus cher que ceux disponibles sur le marché noir, selon une analyse des prix réalisée par Statistique Canada

Le prix moyen d’un gramme de Cannabis coûterait 9,70 $, comparativement à 6,51 $ sur le marché noir. Et c’est au Québec qu’il est le moins cher. Mais il serait maintenant à 6,75 $, en hausse de 15,9 %, selon les consommateurs qui ont partagé les prix par l’entremise de StatsCannabis.

Les taxes et les frais créent des prix qui sont élevés […], et puis un manque de concurrence empêche ces prix d’être lentement poussés à la baisse.

David Clement, défenseur des consommateurs

Cela se répercute sur les ventes qui restent décevantes par rapport aux prévisions. Les données publiées par Statistique Canada indiquent que les ventes de Cannabis ont baissé, passant de 55,9 millions $ en décembre à 53,4 millions $ en janvier.

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Le gouvernement canadien semble vouloir davantage « contrôler le marché » du Cannabis que travailler à la croissance de l’industrie en limitant notamment les licences de production.

« Pensez à ça comme au coût de la liberté » Source Facebook

Malgré qu’ils n’aient pas été inclus dans le processus de légalisation, les revendeurs illégaux ont encore de beaux jours devant eux.

 

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Sources Le Journal de Québec  Radio Canada 

– Jean-pierre Ceccaldi pour The Blinc Group – Le Cannabiste 2018 Tous droits réservés –

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