Kanavape : Sébastien Béguerie, 10 ans d’avance

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Aujourd’hui on fait le point sur l’affaire Kanavape avec une interview exclusive:  Le Cannabiste. Kanavape, c’est un peu la mère de toutes les affaires en justice autour du CBD en France à ce jour. D’abord cela a été la première, et la plus médiatisée de toutes les sorties autour du Cannabis ces 10 dernières années. Mais surtout parce qu’elle symbolise l’écrasement d’un type d’entreprenariat par la justice, alors que dans les pays voisins pour le même commerce on aurait plutôt tendance à vous soutenir et à vous aider. Mais en France, rien ne se passe comme ailleurs. Chez nous les lobbies ont la dent dure, les ministres ne lâchent rien, et Sébastien Béguerie le créateur de Kanavape en a malheureusement fait les frais avant les autres. 

À l’heure où les autorités Françaises s’apprêtent à classer le CBD comme une substance vénéneuse, la répression sur les magasins de CBD semble s’atténuer un peu dans notre pays. En cause deux victoires judiciaires qui semblent donner raison, au moins temporairement aux mis en cause à Bordeaux pour le magasin Green Heaven et surtout à Aix en Provence où l’affaire Kanavape se solde par un renvoi devant les instances Européennes. À la clé une question préjudiciable qui s’étend sur la notion même de l’interdiction de l’utilisation industrielle du chanvre et du Cannabis, avec des taux de THC conformes à la réglementation Européenne. Nous partons à la rencontre du pionnier que la justice essaye de briser, pour avoir osé le CBD en France 10 ans avant les autres : Sébastien Béguerie

 

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#Interview

LC : Avant de devenir un entrepreneur tu as une histoire personnelle avec le Cannabis ?

« Effectivement, depuis que j’ai eu 22 ans en 2006, j’ai orienté mes études académiques sur l’horticulture et notamment pour la recherche sur le Cannabis dans le domaine de la physiologie des plantes : la phytobiologie. C’est la science qui étudie le fonctionnement des végétaux en observant leurs organes et leurs tissus. Il s’agit de percer les secrets des plantes. Dans mon cas c’était surtout pour découvrir ceux du Cannabis.

Donc j’ai suivi un Master en Science des plantes à l’université de Wageningen aux Pays Bas. J’ai aussi eu la chance d’être sponsorisé par la société Néerlandaise Bedrocan, un producteur de Cannabis médical pour les pharmacies en Europe et au Canada.
Pendant mon Master, je me suis aperçu du fossé qui existait entre la France et le reste du monde dans le domaine des usages thérapeutiques du Cannabis

En 2011 à la fin de mes études, j’ai développé un kit de test, portable et rapide, que j’ai baptisé AlphaCAT. (Cannabinoïdes Analysis Test). Il s’agit d’un test pour mesurer en trente minutes, les 6 principaux cannabinoïdes, THC, CBD, CBN, THCV, CBG, CBC et leur forme acide. Toutes ces informations se trouvent sur mon site www.alpha-cat.fr

En 2012, peu de temps après mon retour à Marseille ma ville natale, j’ai débuté mon aventure entrepreneuriale avec la commercialisation de mon test sur internet. A ce moment là le CBD commençait à faire le buzz aux États-Unis. Je me suis alors lancé dans un projet de culture de chanvre expérimental en Provence pour tester des méthodes culturales pour la production de fleurs à fort taux de CBD. »

 

 

LC : Comment t’es venue l’idée de Kanavape, en Fumant un joint comme l’inventeur de la carte à puce ?

« Non, l’idée de la Kanavape m’a été inspirée par une toute nouvelle tendance Américaine au cours des années 2012. A ce moment-là le CBD était popularisé par la vaporisation portable à l’aide de cigarette électronique à usage unique. Il y avait déjà des célébrités Américaines qui faisaient la promotion de la vape du Cannabis sur les grands médias télévisés.

À ce moment-là, je produisais déjà des huiles et des capsules de CBD sous ma marque AlphaCAT. J’avais donc de bonnes relations avec des laboratoires en Europe qui produisaient du CBD. Ma première récolte produite en Provence, m’a donné accès à une excellente matière première, grâce à laquelle j’ai pu réaliser hors de France, les tout premiers prototypes de la cigarette électronique Kanavape. »

LC : Parle-nous du jour où tu as appris que tu allais avoir des ennuis avec la justice, comment s’est déroulé cet épisode?

« Tout s’est passé de manière assez violente. Une matinée de février 2015 j’ai été perquisitionné chez moi par 10 gendarmes armés jusqu’aux dents. Ils ont débarqué à 5 heures du matin  à mon domicile et au siège social de ma société de l’époque. Puis s’en sont suivies 18h de garde à vue avec un interrogatoire musclé. Je l’ai assez mal vécu, mais comme on dit, ce qui ne tue rend plus fort! »

 

 

LC : Tu as connu une traversée du désert entre cette arrestation et le tout dernier coup d’éclat d’Ingrid Metton ?

« Après cette arrestation, j’ai compris que la France n’était pas encore prête pour la révolution du CBD. Avec un pincement au cœur, je me suis expatrié à l’étranger d’où je continue d’exercer mon activité dans le CBD. Je me concentre à présent sur la production et la distribution des gammes d’huiles, de capsules et de cosmétiques au CBD sous ma propre marque: AlphaCAT. »

LC : Maintenant qu’est ce qui se passe pour toi, tu veux toujours travailler dans le Cannabis ?

« La vérité c’est que je ne me suis jamais arrêté, d’ailleurs, je ne compte pas m’arrêter un jour. Le Cannabis fait partie de ma vie depuis ma prise de conscience dans la fin des années 90. Depuis, je suis resté engagé pour la réhabilitation du chanvre et des dérivés.  Je suis originaire d’une ville qui possède une longue tradition du chanvre.
Car même le nom même la rue la plus populaire de Marseille, la ‘Rue de la Canebière’ signifie en Provençal ‘champ de chanvre’. Le Cannabis est ancré dans mon ADN. »

 

 

LC : Il va s’écouler deux ans d’ici à ce que la cour de justice EU rende son jugement, tu fais quoi en attendant tu joues au scrabble ?

« Je ne suis pas vraiment un fan de scrabble ! Comme je l’ai dit, je continue sur ma lancée en créant de nouvelles gammes de produits à base de CBD sous ma marque AlphaCAT. En ce moment je conçois de nouveaux produits, il y a pas mal de surprises qui sont prévues pour 2019 d’ailleurs. Je pourrais vous en reparler avec plus de détails le moment venu 😉« 

LC : Si tu devais partir sur une île déserte et n’emporter qu’une seule variété de Cannabis hybride avec toi : laquelle ?

« Je partirais sur une île tropicale où le Cannabis serait indigène. En général les souches locales des îles tropicales sont à forte dominance ‘sativa’. Je prendrais donc une souche ‘indica’ de type ‘ OG Kush’ pour faire des croisements.  Du coup, je pourrais développer mes  variétés sur place à la fois acclimatées et plus savoureuses à mon goût.

 

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— Interview exclusive réalisée le 30 Octobre 2018 – Jean-pierre Ceccaldi pour The Blinc Group – Le Cannabiste 2018 Tous droits réservés –

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A propos jean-pierre 185 Articles
Fondateur et rédacteur en chef du site : LeCannabiste.com. Je suis un journaliste blogger spécialisé dans le domaine du Cannabis. J'ai été choisi par un incubateur de Cannabusiness New Yorkais pour devenir leur consultant permanent en matière de Cannabis. Je publie de nombreux articles interviews et essais en langue Anglaise ainsi que pour la presse Française et l'industrie du Cannabis en général.