Cannabis pour animaux : le Maryland autorise ses vétérinaires à en parler

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À partir du 1er octobre 2026, un vétérinaire du Maryland pourra évoquer le cannabis ou le CBD avec le propriétaire d’un animal sans craindre pour sa licence. Une loi signée par le gouverneur Wes Moore le 14 avril 2026 interdit désormais à l’ordre vétérinaire de l’État de sanctionner un praticien au seul motif qu’il a discuté, ou même recommandé, ces produits pour un chien, un chat ou un autre animal.

Quand la loi laisse enfin le vétérinaire ouvrir la bouche sur le sujet, ça mérite qu’on s’y arrête. L’actualité du cannabis bien-être, côté humains comme côté animaux, c’est sur Le Cannabiste.

Source : Maryland General Assembly, House Bill 452 (2026), State Board of Veterinary Medical Examiners

Ce que change la nouvelle loi du Maryland

Le texte est court et précis. Il interdit au conseil qui encadre la profession, le State Board of Veterinary Medical Examiners, de suspendre ou de retirer une licence, d’adresser un blâme, une censure ou une mise en probation à un vétérinaire pour la seule raison qu’il a discuté ou recommandé du cannabis, ou un produit contenant du CBD, pour un animal, à des fins thérapeutiques potentielles ou de complément de bien-être.

La nuance paraît technique, elle est en réalité décisive. Jusqu’ici, un praticien qui se contentait d’aborder le sujet avec un client s’exposait à une procédure disciplinaire. Beaucoup préféraient donc se taire, alors même que de nombreux propriétaires utilisent déjà ces produits pour la douleur, l’anxiété ou l’inflammation de leur animal. La loi ne les oblige à rien, elle lève simplement la menace qui pesait sur la conversation.

Un vétérinaire ausculte un chien en consultation, en présence de sa propriétaire

Le vote a été net. Les deux chambres de l’assemblée du Maryland ont approuvé la mesure à l’unanimité, par 137 voix contre 0 à la Chambre des délégués et 45 voix contre 0 au Sénat, avant la signature du gouverneur. Un consensus rare pour un sujet qui touche encore au cannabis.

Discuter oui, prescrire non : les limites du texte

Il ne s’agit pas d’une légalisation du cannabis vétérinaire. La loi ne crée aucun programme de prescription, aucune filière de produits autorisés pour les animaux. Elle protège une parole et un jugement professionnel, rien de plus. Un vétérinaire du Maryland pourra informer et orienter, il ne pourra toujours pas délivrer une ordonnance de cannabis.

La raison tient au niveau fédéral, où aucune formulation à base de cannabis destinée aux animaux n’a reçu d’autorisation de mise sur le marché. Le texte prend d’ailleurs soin de définir le cannabis visé comme la plante et ses dérivés titrant plus de 0,3 % de THC en poids sec, tout en excluant le chanvre. La protection couvre donc aussi bien les produits riches en THC que les produits au CBD, mais elle s’arrête à la discussion.

Le Maryland rejoint quatre États pionniers

Avec cette loi, le Maryland devient le cinquième État américain à offrir un tel bouclier à ses vétérinaires. La Californie a ouvert la voie avec sa loi AB 1885 en 2022, qui empêche son conseil vétérinaire de sanctionner les praticiens recommandant du cannabis à un animal. Le Michigan l’avait devancée dès 2021, l’Utah a suivi en 2022 et le Nevada complète ce petit groupe.

Le mouvement avance État par État, à petits pas, pendant que la loi fédérale continue de classer le cannabis parmi les substances les plus surveillées. Cette avancée en ordre dispersé est la marque de fabrique du dossier cannabis aux États-Unis, où chaque État légifère dans son coin sans attendre Washington.

Et en France ? Le CBD animalier reste un produit bien-être

De ce côté de l’Atlantique, le cadre est différent. La France ne dispose d’aucun programme de cannabis médical pour les animaux, et le seul produit dérivé du chanvre accessible librement reste le CBD, à condition qu’il contienne moins de 0,3 % de THC. Il se vend comme un complément de bien-être, sans la moindre allégation thérapeutique, aussi bien pour les humains que pour les compagnons à quatre pattes.

Flacon d'huile de CBD posé près d'un chien allongé dans un salon

Le marché existe pourtant déjà, porté par des propriétaires qui cherchent à apaiser un animal âgé, stressé par les trajets ou les feux d’artifice. On trouve des gammes de CBD spécialement formulées pour les chiens et les chats, dosées pour leur gabarit, là où l’huile pensée pour un humain serait inadaptée. La question du dialogue avec le vétérinaire, elle, reste entière : en France comme ailleurs, mieux vaut évoquer tout complément avec un professionnel avant de le donner à son animal.

Les points clés à retenir

  • La loi du Maryland entre en vigueur le 1er octobre 2026.
  • Les vétérinaires peuvent discuter et recommander du cannabis ou du CBD pour un animal sans risquer leur licence.
  • Le texte a été signé le 14 avril 2026 et adopté à l’unanimité, par 137 voix contre 0 et 45 voix contre 0.
  • Le Maryland devient le cinquième État américain, après la Californie, le Michigan, l’Utah et le Nevada.
  • La discussion est autorisée, la prescription reste impossible faute de produit approuvé au niveau fédéral.
  • En France, le CBD pour animaux reste un complément de bien-être à moins de 0,3 % de THC, sans allégation thérapeutique.
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