Family Business/Netflix : Un gros navet en plastique

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Le Cannabiste vous propose une plongée douloureuse dans la toute nouvelle série Netflix: ‘Family Business’. Ce sont 6 épisodes qu’il nous a fallu subir 3 fois d’affilée pour être certains de ne pas passer à côté de l’intérêt caché de ce très très mauvais cinéma Français. C’est donc sur et certain, pour nous cette série à autant d’intérêt qu’un peigne pour un chauve, qu’une paire de lunettes de soleil en boite de nuit ou qu’une boule à neige un jour de canicule:  le Zéro absolu.

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Family business est un genre d’hybride à mi-chemin entre ‘Plus belle la vie’ et ‘taxi4’ mais sans les cascades, ce qui devient vite très chiant. Le thème du Cannabis y est odieusement emprunté, ce film triche et ment à propos du Cannabis au point que les promesses de la série ressemblent au final à de la publicité mensongère.

Au cas ou vous vous l’imagineriez encore, Family Business n’est pas du tout une série sur la weed. Au sortir de cette série Netflix, notre conseil au peuple de l’herbe c’est : fuyez aussi loin que vous pouvez et ne vous retournez pas ! D’ailleurs si vous aimez les bonnes séries tout court, fuyez aussi. 

 

 

Et c’est une très mauvaise série honnêtement. A notre avis même la plus mauvaise série impliquant de la weed qu’il nous ait été donné de voir, toutes catégories confondues. Malaise, faux semblants humour pipi caca, mais surtout faux Cannabis. En fait tout est tout est faux dans family business sinon l’ennui qu’on éprouve à subir des vannes en plastique sur une épaisse couche d’humour communautariste bien relou. Qu’est ce que le Cannabis vient faire là dedans? On se le demande encore. En tout cas si vous ne l’avez pas vu, inutile d’y perdre votre temps. Pour nous c’est vert c’est clair : Family Business est juste un gros navet, en plastique.

 

Lorsque des gens qui ne comprennent rien au Cannabis, font une série qui parle de Cannabis c’est gênant. Imaginez qu’on fasse un film sur le négoce du vin avec des décors de vigne en plastique et sans jamais voir de vin ni de raisin … imaginez un film sur la bicyclette avec de faux vélos. Ou bien un film sur la course automobile, avec des voitures à pédale ?

On a beau faire un effort pour y croire, ça donne quand même une ambiance en plastique, un résultat grotesque, un truc pas net. Et ce n’est pas la seule chose frelatée dans cette mauvaise série Française : revue de détail. Attention passé ce point nous allons révéler des éléments de la série. Bien que l’histoire ne présente strictement aucun intérêt, vous avez été prévenus : ‘Spoiler’

 

[ATTENTION VOUS ENTREZ DANS LA ZONE SPOILER]

#Communautariste

Si vous êtes est juste un Français tolérant, athée moyen, un Français qui s’en tamponne grave de la religion et qui n’a pas de problème avec les homosexuels, alors cette série n’est pas faite pour vous. Vu le titre et les bandes-annonces on espérait autre chose qu’une comédie sociale bon teint mal fagotée.

Family business est une série pensée un peu comme une marque de céréales, comme une campagne LREM aux Européennes, un machin qui doit séduire tout le monde, un bidule attendu et sans grand intérêt. Car Family business est une série parfaite en terme d’audience fractionnée. Idéale pour la représentation des minorités de genre et de croyances, pensée pour plaire au plus grand nombre, comme la pub d’un fromage bio. 

#Pipi Caca

Étriqué, bien pensant, communautariste, peu regardant avec l’authenticité, vite fait mal fait, mal fichu. De multiples erreurs de coupe au montage, regardez bien les mains des comédiens par exemple sur les montages, c’est juste du mauvais boulot. Non c’est vraiment du niveau de plus belle la vie, tourné et monté en 4 heures alors qu’on devine derrière les moyens coûteux du cinéma.

 

 

La liberté de vocabulaire et les gags scatophiles à répétition vous laisseront un arrière goût de ‘gros dégueulasse’ après le visionnage. Family business c’est beaucoup de grossièretés oui mais sans le comique vulgaire. Du coup ce serait un peu comme du Bigard sans l’intention ni le talent, un véritable calvaire. On se sent juste poisseux après certaines vannes, mais on ne rit pas. En réalité, on cette série empruntée n’offre quasiment aucun rire (ici 2 petits lol en 6 épisodes), en particulier au niveau des vannes sur le sexe, mais le caca et le pipi eux ne sont pas en reste. 

Si l’on veut aller plus loin, ce qui nous a interpellé davantage que la vulgarité et le mauvais goût dans cette série, c’est le type de censure Macronienne que ce NovaCinéma nous propose.

 

#Baise habillée

D’abord pour ne pas risquer de déranger le public, lorsqu’un homme et une femme font l’amour ils le font habillés. T Shirt/Sous-tif pour les nanas et bien sur caleçon pour les garçon, c’est croquignolesque. On se croirait revenu à l’ambiance prude des années 50. (NDLR: Vivement mai 68)

D’ailleurs à l’instar de la censure putride qu’imposent les puritains de Facebook, on ne verra pas de corps humain dans le plus simple appareil. Aucune sensualité ne vous sera proposée entre un homme et une femme dans cette série. L’hétérosexualité est traitée un peu comme du caca au final, le besoin pressant de tirer un coup de se soulager, comme on tire la chasse.

La prostitution de rue fait également une apparition salace au rang d’une hétérosexualité tarifée caricaturale. Les relations homme-femme sont exsangues de passion, de substance et d’authenticité. Malgré les vaines tentatives d’un scénario méandreux ponctué de vannes foireuses et reposé sur un lit de dialogues provocateurs, c’est l’érection zéro.

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Ce film est passé à côté de l’amour entre un homme et une femme. On sent bien qu’il ne comprend pas cette relation là, de tout façon il vous la jette à la figure comme un gag dès le début façon ‘tarte à la crème’ … un sentiment humiliant.

 

#Série BFMTV

En revanche du côté de l’homosexualité féminine théorique et militante, y’a de quoi faire et là on ne plaisante pas avec la relation, c’est sérieux. C’est d’ailleurs la seule occasion d’apercevoir un nichon en 6 épisodes, mais en tout petit sur une webcam. Le thème est léché, vu revu et régulièrement abordé en mode ‘ouai tu comprends faut de la tolérance dans le monde, c’est pas bien l’homophobi-eu’.

Sauf que si vous en avez déjà autant que nécessaire de la tolérance c’est juste l’occasion de s’ennuyer des mêmes ritournelles sociétales rabachées que BFMTV nous distille à longueur de réactions politico-pathétiques. Alors oui vous auriez raison de dire que ces combats de société ne sont pas encore  gagnés et qu’il y a encore du chemin vers la tolérance. D’accord, mais chaque chose en son temps, là on avait signé pour un sujet sur le Cannabis, par forcément pour cette mauvaise farce identitaire et sexuelle, c’est tout.

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Le *business model* de Family Business c’est un peu comme une pub pour des assurances, rien n’est juste, tout est manipulation, tout sonne faux, il fallait le quota d’images pour les sous-groupes. On a fait une série en plastique. Family business n’est pas une série d’ailleurs, c’est un film saucissonné qu’on avale comme un verre de coca. Un machin qu’on mange et qu’on remange à chaque nouveau film Français depuis 30 ans, toujours le même goût rance pas rigolo du tout, avec en prime la bigotterie moderne de 2019.

#Casting

La tambouille au goût Cannabique à des relents d’arnaque, on attendait une bonne série, là c’est juste du très mauvais cinéma emprunté et lourdaud. Sur le fond un film si politiquement correct que Marlène Schiappa et Mounir Mahjoubi pourraient jouer dans la saison 2. Sur la forme, on se demande même s’ils n’ont pas coécrit les dialogues avec l’aide d’un statisticien de chez Justin Bridou. 

  • Dans le rôle principal, un acteur gentil qui joue le rôle d’un gars gentil

Alors ce comédien, dont on finira un jour par savoir le nom, n’a pas 2 expressions à son registre, il en a UNE : Le mec gentil.

Et à partir de ça pendant 6 épisodes on en a les déclinaisons :

  • le mec gentil amoureux
  • le mec gentil surpris
  • le mec gentil content
  • le mec gentil triste
  • le mec gentil en colère (oulala)
  • le mec gentil graveleux .. (etc … etc)

L’acteur principal le personnage de Joseph, possède le charisme d’un vendeur de bagnoles d’occasion de Cergy Pontoise un jour de foire au jambon. Non seulement on ne rentre pas dans ce personnage intenable et très mal joué, mais il est totalement dépourvu de substance. A l’image d’un gros flan qui continue de s’agiter en vain sans qu’on le sollicite, on apprécie les rares moments où il n’est pas à l’écran, ça repose un peu.

  • Dans le rôle de la soeur une meuf interloquée à l’air interloqué

Idem, on a pas pris le temps de se renseigner sur le nom des comédiens, il n’y a pas suffisamment d’intérêt dans cette série pour cela honnêtement, il faut juste l’oublier et vite la remplacer dans nos esprits. Donc cette fille à la voix cassée qui joue le rôle d’une soeur homo se trouve vaguement étonnée en permanence, elle c’est : ‘la meuf interloquée‘. La meuf interloquée qui s’ennuie, la meuf interloquée fâchée, la meuf interloquée triste etc… pas mal pour un début.

En fait elle assure mieux que le reste de la troupe cette comédienne. Le problème c’est qu’elle joue trop bien justement. Du coup les malheurs de ce personnage et les sanglots quand elle se fait larguer par sa petite copine Japonaise sont si bien interprétés, qu’ils tirent un peu trop le film vers la tristesse à un moment, faute de contrepoids efficace. Grâce à cette jeune actrice rousse et prometteuse, Family business échoue à nous faire rire mais pas à nous rendre passablement mélancoliques. Bien joué.

  • Darmon, Rovere Macias  et les autres

Très franchement, à l’exception de Liliane Rovere qui joue le rôle d’une Grand-mère Rock’n Roll pas piquée des vers, les meilleurs personnages de la série, ce sont encore les seconds rôles et les figurants. Le Personnage de Gérard Darmon qui est assez mal écrit et très inégal d’un épisode à l’autre ne parvient pas à sauver les meubles de la montée du malaise.

Enrico Macias fait tapisserie, il donne gentiment le change, on retiendra qu’il n’a pas eu l’autorisation de chanter ses propres chansons et que son métier et bien ça n’est pas le cinéma, point final.

Un film sur la weed sans weed, Enrico Macias sans ses chansons, Darmon sans un bon rôle, un personnage principal sans nom ni talent. En fait le casting de Family Business n’a pas plus d’intérêt que le reste de la série, c’est à dire aucun.

#Détournement de weed

Vous pouvez, ne pas partager nos goûts en matière de cinéma pour autant lorsqu’il s’agit de weed nous sommes ici souvent d’accord. Alors quid du Cannabis dans family business ? On vous la fait courte, du Cannabis dans Family Business y’en a pas. Au mieux la promesse du thème constitue un gros mensonge, au pire une vieille arnaque publicitaire. Une tapisserie, un prétexte volé.

 

Sincèrement si vous aimez le Cannabis, ne regardez pas ça, cette série n’a quasiment aucun rapport avec le Cannabis sauf 1 : la convoitise. Avec le nombre de cultivateurs en France, ils n’auraient pourtant eu aucun mal à trouver un conseiller technique, pour éviter au spectateur un sentiment d’arnaque et de mensonge technique permanent.

Florilège :

  • Culture sous ampoules néons ‘éco’ de salle de bain et la ‘meilleure weed en sortie’ … (totalement ridicule)
  • fausses plantes en plastique pas de fleurs (odieux et grotesque)
  • pas la queue d’une tête de beuh (bande de pleutres)
  • arrosage mystérieux à l’eau bouillie à la casserole (wtf)
  • impasse totale sur l’objet et sa culture (criminel et honteux )

Franchement les gens qui ont fait ce film sont des caricatures d’ignares de la weed. Cette série détourne le nom du Cannabis pour essayer de vendre un peu plus de vues sur Netflix c’est tout. Ne tombez pas dans le panneau.

La seule chose qui mette tout le monde d’accord semble la possibilité de se faire « Des couilles en or » avec le Cannabis. Merci on ne vous avait pas attendus pour le savoir.

 

Le Cannabis c’est ça dans la série : Une grossière arnaque, un mensonge technique

Au niveau des effets de la plante il faut noter une petite embellie avec l’évocation des vertus thérapeutiques du Cannabis sur le Glaucome et l’arthrose. Dommage que ça soit entre deux beuveries chansonnières. Du coup la représentation de ce que provoque le Cannabis est assez maladroite et gênante. La gueule de bois terriblement mensongère, les mêmes âneries éhontées depuis 40 ans.

Toutes les clichés sont là. D’un coup sans prévenir les gens se mettent à pleurer tout seuls, les états de panique et de confusion sont extrêmement mal interprétés, mal choisis, mal amenés mal filmés. La vision du film sur le Cannabis est au mieux celle des clichés ringards et anxiogènes des années 90, au pire celle des prohibitionnistes.

 

 

On notera au passage une mise en scène ratée et répétée des effets du Cannabis, par contre on voit bien les gens boire et se rouler dans le champagne… Faux semblants, contre vérités, mélange avec l’alcool, tout va bien…. on continue de fabriquer des caricatures dans notre pays.

Au final on se dit qu’ils auraient mieux fait de tourner une série sur des marchands de carotte, on aurait au moins vu de vrais champs de carottes. Et puis ça nous aurait peut être évité de la sentir passer. Pour Family Business Le Cannabis n’est qu’un prétexte juteux pour une salade ringarde et très mal assaisonnée.  

Seule la photographie qui est très bonne vient sauver le naufrage, mais elle est servie par un cadrage aussi démodé que le concours de l’Eurovision. Cette très mauvaise série ne dérangera jamais personne. Message à la production, s’il vous plaît épargnez nous le calvaire d’avoir à subir une saison 2, changez de sujet, par pitié arrêtez le massacre.

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[SUPER SPOILER]

Bilan :

  • deux hommes ligotés au sol se font uriner dessus par une femme gangster hollandaise pitoyable
  • un homme a le petit doigt coupé
  • une fille homosexuelle sort avec une gendarme
  • Enrico Macias ne chante pas ses propres chansons
  • on a compté 5 cigarettes de cannabis, on en a peut être oublié 
  • pas la queue d’une tête de beuh en 6 épisodes
  • toutes les filles font l’amour en tshirt et soutif
  • le Cannabis est illégal

 

Grotesque raté, ennuyeux, malaisant, mensonger, trompeur, mal fichu, communautariste, mal joué, manipulateur, bigot, prohibitionniste. Family business à l’image des mauvaises plantes de Cannabis qu’il donne à voir, est une très mauvaise série en plastique, qu’on va vite oublier en regardant Shaft avec Samuel L. Jackson sur Netflix. Moralité: il vaut mieux une bonne série US qui ne parle pas de Cannabis qu’un mauvais joint Français en plastique fusse t-il ou non casher et validé par les ministères.

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– Jean-pierre Ceccaldi pour The Blinc Group – Le Cannabiste 2018 Tous droits réservés –

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A propos jean-pierre 354 Articles
Fondateur et rédacteur en chef du site : LeCannabiste.com. Je suis un journaliste blogger spécialisé dans le domaine du Cannabis. J'ai été choisi par un incubateur de Cannabusiness New Yorkais pour devenir leur consultant permanent en matière de Cannabis. Je publie de nombreux articles interviews et essais en langue Anglaise ainsi que pour la presse Française et l'industrie du Cannabis en général.