Grossesse : la FDA va étudier l’effet du THC et du CBD sur le placenta

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L’agence américaine du médicament veut regarder de très près ce que le THC et le CBD font aux cellules du placenta humain. Sa branche recherche a publié un avis de marché fédéral pour se procurer 20 flacons de cellules placentaires humaines, chacun contenant au moins 1 million de cellules viables, afin d’en faire un modèle de toxicité en laboratoire.

Du labo au berceau, il n’y a parfois qu’une question de prudence, et on vous la déroule sans dramatiser, sur Le Cannabiste.

Source : avis de marché de la Food and Drug Administration, National Center for Toxicological Research.

Ce que la FDA cherche vraiment à mesurer

Le document est technique, mais son intention est claire. Le centre national de recherche toxicologique de la FDA, installé à Jefferson dans l’Arkansas, cherche à acheter des cellules trophoblastiques humaines primaires. Objectif affiché : étudier comment des cannabinoïdes, nommément le delta-9 THC et le CBD, agissent sur les cellules du placenta.

Ces cellules serviraient de modèle de laboratoire pour évaluer une éventuelle toxicité liée aux cannabinoïdes. L’agence prévoit d’aller plus loin que la simple boîte de culture, en montant des cultures en trois dimensions, jugées plus proches de la réalité biologique d’un organe qu’une couche de cellules à plat.

Il s’agit pour l’instant d’un appel à fournisseurs, pas d’un résultat. La date limite de remise des prix était fixée au 30 septembre, et aucun contrat n’avait été attribué au moment où l’information a circulé.

Pourquoi le placenta, et pourquoi ces cellules

Le trophoblaste, ce sont les cellules spécialisées qui forment et font fonctionner le placenta, l’organe d’échange entre la mère et le fœtus pendant la grossesse. Dans son avis, la FDA décrit ces cellules primaires comme la référence, le gold standard, pour tester la toxicité placentaire en laboratoire.

Le cahier des charges est exigeant. L’agence réclame une viabilité supérieure à 80 % après décongélation et des cellules capables de former une couche continue, avec des noyaux distincts et des jonctions serrées, pendant au moins 3 jours après leur mise en culture. Les cellules doivent provenir de donneuses, avec des informations démographiques et, quand elle est connue, la cause du décès.

Le choix n’a rien d’anodin. Le placenta agit comme une barrière filtrante, mais partielle, et le THC comme le CBD sont des molécules liposolubles, capables de la franchir en partie. Reconstituer ce tissu en laboratoire permet d’observer ce qui se joue au niveau cellulaire, sans exposer une grossesse réelle.

Chercheuse en blouse manipulant des flacons de cellules cryoconservées sous une hotte de laboratoire

Une étude annoncée, pas encore un verdict

Prudence sur l’interprétation. Un avis de marché signale une intention de recherche, pas une conclusion sur un danger. Rien n’est dit sur les concentrations de cannabinoïdes qui seront testées, ni sur l’inclusion éventuelle d’autres molécules que le THC et le CBD, ni sur le calendrier de publication d’éventuels résultats.

Le sujet n’arrive pas de nulle part. La division de toxicologie biochimique qui pilote ce projet a pour mission d’éclairer les mécanismes de toxicité des produits que la FDA régule. Elle a déjà examiné les effets du CBD et de ses deux principaux métabolites sur des cellules testiculaires humaines de Leydig et de Sertoli, cultivées en laboratoire. La question des effets des cannabinoïdes sur la reproduction fait donc partie de ses chantiers.

Autrement dit, l’agence se donne les moyens de trancher une question qui reste ouverte, plutôt que d’annoncer une réponse. C’est une nuance importante à garder en tête avant de lire des titres alarmistes.

Le CBD, la grossesse et le principe de précaution en France

De ce côté de l’Atlantique, le décor est différent. Le cannabis reste un stupéfiant, son usage récréatif est interdit, et le seul cannabinoïde en vente libre pour le grand public est le CBD, vendu comme produit de bien-être avec une teneur en THC plafonnée à 0,3 %. Un produit au CBD n’a pas le droit d’afficher une promesse thérapeutique, et pour comprendre ce qui borne réellement cette filière, mieux vaut relire le cadre légal qui encadre le CBD en France.

Sur la grossesse, la ligne des autorités sanitaires est déjà celle de la prudence. La consommation de cannabis est déconseillée aux femmes enceintes, et par précaution, l’usage de produits au CBD n’est pas recommandé pendant la grossesse et l’allaitement, faute de données suffisantes. Une future étude sur le placenta ne fait que documenter une réserve qui existe déjà.

Femme enceinte lisant attentivement l'étiquette d'un flacon dans une boutique de bien-être

Les points à retenir

  • 20 flacons de cellules placentaires humaines recherchés par la branche recherche de la FDA.
  • Au moins 1 million de cellules viables par flacon, viabilité exigée au-dessus de 80 %.
  • Une couche cellulaire stable pendant au moins 3 jours, puis des cultures en trois dimensions.
  • Cannabinoïdes visés : le delta-9 THC et le CBD.
  • Date limite de remise des prix au 30 septembre, aucun contrat attribué à ce stade.

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