Et si le secret de la récupération des athlètes canadiens ne se trouvait pas dans une salle de cryo, mais dans un flacon de CBD ? Une étude menée auprès de sportifs de haut niveau lève le voile sur un phénomène discret mais bien réel : l’usage du cannabidiol pour soulager les douleurs, améliorer le sommeil et chasser le stress des podiums.
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Le contexte : quand le CBD entre dans la vie des athlètes
Le cannabidiol, plus connu sous le nom de CBD, a quitté les rayons bien-être pour se glisser dans les sacs de sport des athlètes canadiens. Loin des clichés planants, cette molécule sans effet psychotrope commence à séduire les sportifs de haut niveau en quête de récupération optimisée.

Une étude inédite au cœur du sport canadien
Entre 2021 et 2023, des chercheurs affiliés à McGill University et aux Instituts Canadiens du Sport ont mené une enquête auprès de 80 athlètes d’élite, tous membres d’équipes nationales canadiennes, olympiques ou paralympiques.
Objectif : comprendre les usages, les motivations et les freins liés au CBD chez ces athlètes d’exception. Résultat ? 38 % d’entre eux avaient déjà testé le CBD, et près d’un tiers poursuivait son usage au moment de l’étude.
CBD : légal, mais pas sans risques
Depuis 2018, le CBD n’est plus considéré comme dopant par l’Agence Mondiale Antidopage. Mais attention, tous les autres cannabinoïdes (dont le THC) restent interdits. Et c’est là que les ennuis commencent…
Car même les produits étiquetés « sans THC » peuvent en contenir des traces. Résultat : un athlète peut risquer un test antidopage positif sans le vouloir. Une belle galère, même pour une simple huile relaxante.
- CBD autorisé : oui, depuis 2018
- THC autorisé : non, toujours interdit
- Risques : produits mal étiquetés, transformation du CBD en THC dans certaines conditions
Pourquoi les athlètes utilisent du CBD ?

Ce n’est pas un hasard si les sportifs de haut niveau se tournent vers le cannabidiol. Pour ceux qui en consomment, le CBD coche plusieurs cases essentielles : moins de douleur, un meilleur sommeil et une détente bienvenue après l’effort.
Soulager les douleurs liées à l’entraînement
L’entraînement de haut niveau est un cocktail quotidien de douleurs musculaires, micro-blessures et inflammations. Selon l’étude, 77 % des utilisateurs estiment que le CBD les aide à réduire la douleur provoquée par l’activité physique.
Ils l’utilisent souvent en complément ou en alternative aux anti-inflammatoires classiques, évitant ainsi les effets secondaires parfois lourds des médicaments traditionnels.
Améliorer le sommeil et la récupération mentale
La récupération ne se joue pas seulement dans les jambes, mais aussi dans la tête. 93 % des utilisateurs rapportent une amélioration de la qualité du sommeil grâce au CBD, et 90 % ressentent une meilleure relaxation.
Un sommeil de meilleure qualité signifie un corps qui se régénère mieux, un mental plus calme, et une meilleure résilience face au stress de la compétition.
Gérer le stress de la compétition
Les témoignages évoquent aussi un effet apaisant du CBD avant des compétitions majeures. Même si la recherche est encore limitée sur ce point, certains athlètes y trouvent un allié pour garder leur sang-froid.
- Douleur : 77 % soulagés par le CBD
- Sommeil : 93 % rapportent un effet bénéfique
- Relaxation : 90 % se sentent plus détendus
Comment les athlètes consomment du CBD
On imagine les sportifs avec des routines millimétrées… mais en matière de CBD, c’est souvent l’école du “je teste et je vois”. L’étude révèle que les athlètes manquent de repères précis, malgré leur intérêt marqué pour la molécule.
Formes et dosages préférés
Le tincture ou huile sublinguale arrive en tête des modes de consommation (31 %), suivi par l’inhalation (19 %) et les produits comestibles. Les doses restent modestes : la majorité (63 %) prend moins de 50 mg de CBD par prise, tandis que 27 % ne savent même pas combien ils consomment.
Tableau récapitulatif :
| Forme de CBD | Proportion d’utilisation |
|---|---|
| Huile / Teinture sublinguale | 31 % |
| Inhalation | 19 % |
| Autres (comestibles, topiques…) | 50 % |
Ce que les sportifs savent vraiment du produit
Pas grand-chose, en réalité. 73 % ne se rappellent pas la marque de leur produit, et plus d’un tiers déclare n’avoir aucune idée de l’efficacité réelle de leur dosage.
La méthode la plus utilisée pour déterminer le bon dosage ? Le bon vieux « essai-erreur » (55 %).
- Dosage connu ? → Souvent non
- Marque du produit ? → Généralement oubliée
- Dosage optimal atteint ? → 0 % de certitude chez 37 % des utilisateurs
Le dilemme : bénéfices VS risque de dopage
Si le CBD attire les athlètes, il en effraie aussi beaucoup. Pourquoi ? Parce qu’entre la promesse de récupération et la menace d’un contrôle antidopage positif, il n’y a parfois qu’un milligramme d’écart.
Le piège du THC résiduel
Bien que le CBD soit autorisé par l’Agence Mondiale Antidopage depuis 2018, la plupart des autres cannabinoïdes, dont le THC, restent strictement interdits. Le hic ? Même les produits étiquetés « CBD pur » peuvent contenir des traces résiduelles de THC.
Pire : certaines études ont montré que dans des conditions acides (comme l’estomac), le CBD peut se transformer chimiquement en THC ! Et si le test tombe juste après un effort physique intense, le taux détecté dans l’urine pourrait être suffisant pour déclencher un test positif.
Une réglementation floue et anxiogène
C’est précisément ce flou qui freine les athlètes. 28 % des non-utilisateurs de CBD interrogés dans l’étude disent avoir renoncé par crainte d’une violation antidopage involontaire.
Entre les “peut-être” des scientifiques et les “attention” des fédérations sportives, difficile de faire un choix éclairé. Et sans encadrement médical précis, les sportifs se retrouvent souvent à jouer à la roulette russe du THC.
- CBD autorisé : Oui, depuis 2018
- THC tolérance zéro : Encore en vigueur
- Risque de contamination croisée : Fréquent avec les produits non certifiés
- Effet d’exercice physique : Peut amplifier les concentrations urinaires détectables
Le dilemme : bénéfices VS risque de dopage
Si le CBD attire les athlètes, il en effraie aussi beaucoup. Pourquoi ? Parce qu’entre la promesse de récupération et la menace d’un contrôle antidopage positif, la ligne est parfois très mince.
Le piège du THC résiduel
Le CBD est autorisé par l’Agence Mondiale Antidopage depuis 2018, mais tous les autres cannabinoïdes, dont le THC, restent strictement interdits en compétition.
Le problème vient moins d’une conversion du CBD dans l’organisme que de la contamination ou du mauvais étiquetage des produits. Des analyses ont montré que certains produits « sans THC » contiennent malgré tout des traces détectables, ce qui expose les athlètes au risque d’un test positif.
Une réglementation floue et anxiogène
Dans l’étude canadienne, 28 % des athlètes qui n’utilisent pas le CBD ont cité la peur d’une violation antidopage involontaire comme principale raison de s’abstenir. Dans un paysage où les tests sont stricts et les sanctions lourdes, ce flou peut décourager même ceux qui verraient un intérêt à essayer le CBD.
- CBD autorisé : Oui depuis 2018
- THC interdit : Toujours strictement interdit
- Risque réel : contamination ou mauvaise étiquette des produits
- Produit testé : Importance d’opter pour des produits certifiés tiers
Ce que dit la science : entre espoirs et zones d’ombre
Le CBD est sur toutes les lèvres, mais qu’en dit vraiment la science quand il s’agit de performance, récupération et bien-être ? Spoiler : c’est un peu flou… mais prometteur.
Peu de preuves sur la performance, mais des promesses sur la récupération
Aucune étude rigoureuse n’a montré que le CBD améliore directement les performances physiques. En revanche, il pourrait réduire la douleur post-entraînement, atténuer l’inflammation et favoriser un meilleur sommeil, autant de facteurs qui indirectement aident à récupérer plus efficacement.
Des études cliniques indiquent aussi un intérêt pour réduire l’anxiété, les troubles du sommeil et certaines douleurs chroniques. Cela fait du CBD un allié potentiel pour le bien-être global, même si les résultats restent à confirmer spécifiquement chez les sportifs de haut niveau.
Des effets placebo… très efficaces ?
Dans plusieurs essais cliniques, le soulagement ressenti était aussi lié aux attentes des participants. Croire que le CBD soulage, ça soulage déjà un peu ! Et comme tout bon placebo qui se respecte, il n’est pas interdit de fonctionner, surtout quand il aide à mieux dormir, mieux récupérer, ou simplement à se sentir plus zen avant une compétition.
- Effets prouvés sur la performance ? → Non
- Effets perçus sur la récupération ? → Oui
- Effets placebo possibles ? → Probables et parfois bénéfiques
Vers une meilleure information pour les sportifs
Dans un monde idéal, les athlètes auraient accès à une information claire, neutre et validée scientifiquement sur les produits qu’ils consomment. Spoiler : ce n’est pas encore le cas pour le CBD.
Le rôle crucial des médecins du sport
Selon l’étude, la majorité des athlètes ont découvert le CBD via un ami (26 %) ou en ligne (24 %), souvent sur les réseaux sociaux ou dans les médias. Très peu ont été orientés par un médecin, un nutritionniste ou un préparateur physique.
Et pourtant, dans un univers aussi règlementé que le sport de haut niveau, les professionnels de santé devraient être les premiers relais d’information. Leur rôle est essentiel pour expliquer les risques, recommander des produits fiables, et éduquer sans tabou.
L’urgence d’une éducation encadrée
Face à la popularité croissante du CBD, les chercheurs appellent à mettre en place des programmes de formation pour les athlètes et leur staff. L’objectif ? Éviter les erreurs de dosage, les produits contaminés ou les décisions prises sur la base d’influenceurs trop enthousiastes.
Une piste évoquée par l’étude serait de développer des outils pratiques, infographies, modules e-learning, accompagnement médical — pour que les sportifs puissent faire des choix instruits, sûrs et conformes aux règles antidopage.
- Source d’information principale : les amis et internet
- Sources fiables sous-utilisées : médecins, diététiciens
- Besoins exprimés : plus d’éducation, plus de clarté, plus de sécurité
Conclusion : faut-il légaliser le CBD dans le sport pro ?
Le CBD n’est pas interdit dans le sport, mais il reste enveloppé d’un brouillard réglementaire qui pousse les athlètes à la prudence. Si les bienfaits perçus sont nombreux (sur le sommeil, la récupération, le stress) les risques de contamination et d’infractions involontaires freinent encore son adoption généralisée.
La question n’est donc pas seulement de “légaliser” le CBD, mais plutôt de clarifier les règles, encadrer les produits et informer les utilisateurs. Une certification stricte, des conseils médicaux éclairés et une vraie transparence permettraient aux sportifs de profiter du CBD sans craindre pour leur carrière.
À l’heure où la science continue d’explorer le potentiel du cannabidiol, une chose est sûre : les athlètes canadiens ne veulent plus choisir entre bien-être et règlement.
- CBD autorisé, mais usage encadré nécessaire
- Urgence d’information fiable et accessible
- Vers une reconnaissance complète dans le sport ? → La balle est dans le camp des institutions
Source : Etude de Frontiers












