Colombie Britannique: Cachez ce plant que je ne saurais voir

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Plus on regarde la légalisation Canadienne du Cannabis à la loupe, plus on s’aperçoit que tout ne va pas être rose pour les consommateurs Canadiens. Et ça risque d’être tout particulièrement le cas, pour les habitants de la Colombie Britannique.

 

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En rouge et l’ouest du Canada, la Colombie Britannique, Photo Tubs WIkimedia Commons

La vaste province Canadienne tout à l’ouest du pays s’étend sur une zone qui couvre environ 1 fois et demie la France, on y compte un peu moins de 5 millions d’habitants.

Le 17 Octobre prochain, le Cannabis sera légal dans tout le pays, et comme nous l’avons vu  précédemment avec le Nunavut, chaque province Canadienne met en place ses propres dispositions légales, autour de la nouvelle loi fédérale sur le Cannabis : la loi C45.

En Colombie Britannique, Dès le 31 Mai dernier, le gouvernement de la  avait publié deux arrêtés pour encadrer la régulation du Cannabis. Le  « Cannabis Control and Licensing Act » et le « Cannabis Distribution Act » viennent d’être approuvés par la couronne Canadienne et prendront effet  en même temps que la loi C45 au 17 Octobre 2018.

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Seulement Voilà

  • Interdiction de fumer ou de vapoter dans tout l’espace public
  • Interdiction d’être sous l’influence du Cannabis dans un lieu public
  • Interdiction totale de consommer à bord de tous les véhicules
  • Obligation de rendre l’autoculture de 4 pieds: ‘invisible depuis l’espace public’

Le gouvernement provincial a mis en place une large panoplie d’infractions. Toutes seront réprimées par des peines de prisons jusqu’à 1 an et des amendes comprises entre 2000$ et $100 000$.

 

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Le logo de la British Columbia Independant Cannabis Association

Interviewé par le Dailyhive, Courtland Sandover-Sly le président de la BCICA, l’association indépendante pour le Cannabis en Colombie Britannique, déclarait dernièrement:

« Ce qui nous inquiète le plus c’est les peines de prison pour consommation dans un lieu public et c’est pareil avec l’infraction d’intoxication dans un lieu public. Des peines de prison de 3 mois sont prévues pour chacune des deux.

Avec cette nouvelle loi, un officier de police pourra vous arrêter sans en avoir recu le mandat sur la simple suspicion que vous êtes susceptible de contrevenir à une de ces 2 lois »

« En fait ça donne le pouvoir à n’importe quel agent de police de décider si vous êtes intoxiqué en public ou pas, et dans la foulée, vous écoperez surement d’une peine de prison. Par ailleurs on parle beaucoup de sécurité routière, mais à l’heure actuelle, on ne dispose d’aucun dispositif fiable. »

 

#Situation Ubuesque

« Aucun lieu public ne sera en mesure d’autoriser la consommation et le droit locatif strictement dépendant des propriétaires. Cela signifie pour quelqu’un dont le bail interdit le Cannabis chez lui, qu’il se trouverait dans l’impossibilité complète d’en consommer où que ce soit, sans enfreindre la loi.

En plus c’est une loi discriminative qui va nécessairement cibler les classes défavorisées. Seuls les propriétaires pourront cultiver et consommer du Cannabis facilement chez eux à l’abri du regard des autres. »

 

#La légalisation du marché noir ?

 » Il sera possible pour les propriétaires de dispensaires clandestins et les personnes qui ont déjà fait l’objet de condamnations d’accéder au commerce du Cannabis, selon les dossiers.

Même si une majorité des acteurs de ce secteur ont accepté les nouvelles règles, de très nombreuses personnes ont refusé.

Les autorités ont forcément toujours entretenu des relations tendues avec le marché noir, car la prohibition dure depuis près de 100 ans chez nous. C’est vrai que c’est peu étrange que des gens qui aient tout fait pour détruire votre vie pendant des années vous ouvrent soudain les portes et s’attendent à ce que vous disiez : Okay j’aime mon gouvernement, et je vais travailler pour vous’. Il faut reconnaître que la pilule  du mal à passer pour certains. »

La BCICA a décidé de mettre à profit la pause parlementaire estivale pour appeler ses membres et ses sympathisants à interpeller leurs représentants locaux sur cette question.

 

 

Il semble bien que le chemin de la légalisation du Cannabis soit pavé d’embûches. En Colombie Britannique, le rôle des collectifs d’utilisateurs et celui des associations pro-cannabis sera plus que jamais mis à l’épreuve.

 

Source: Dailyhive

 

— Jean-pierre Ceccaldi pour The Blinc Group – Le Cannabiste 2018 Tous droits réservés —

A propos Jean-Pierre 1144 Articles
Fondateur et rédacteur en chef du site : LeCannabiste.com. Je suis un journaliste autodidacte spécialisé dans le domaine du Cannabis. J'ai été choisi par un incubateur de Cannabusiness New Yorkais pour devenir leur consultant permanent en matière de Cannabis. Je publie de nombreux articles interviews et essais en langue Anglaise ainsi que pour la presse Française et l'industrie du Cannabis en général.