La Réunion: Canne à sucre contre Cannabis

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Alors qu’une nouvelle campagne sucrière est officiellement lancée sur l’Île de la Réunion, à grandes lampées de glyphosate, de nombreuses voix s’élèvent pour proposer le remplacement d’une tradition régionale La Canne à Sucre, par une autre : le Cannabis.

L’industrie sucrière moderne qui épuise les sols, empoisonne tout le monde et ne rapporte plus grand chose, serait donc substituée par une autre beaucoup plus ancienne, mais lucrative, tout en soignant son petit monde: le Zamal. Aujourd’hui Le Cannabiste s’intéresse avec vous au Zamal et à l’avenir de la Réunion. C’est canne à sucre contre Cannabis sur fond de scandale sanitaire autour du glyphosate. Ça fera l’affaire pour débuter la semaine.

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Signe des temps qui changent, désormais ceux qui parlent de Cannabis sur les réseaux sociaux ne sont plus des punks à chien ou des teufeurs prosélytes, mais des gens à priori très sérieux. Tout dernièrement par exemple les présidents et vice présidents de la chambre d’agriculture réunionnaise se sont concertés puis exprimés sur la création d’un projet ré-vo-lu-tio-nnaire. Faire pousser du chanvre à la place de la Canne à glyphosate, enfin on voulait dire de la canne à sucre. 

Et lorsqu’on évoque l’objet Cannabis désormais, ça n’est plus pour se lamenter sur la défonce des ados ou les statistiques policières, mais  bel et bien en terme d’économie et de production, le fameux chanvre bien-être.

 

#Zamal

Inutile de s’éterniser là-dessus la production de Zamal, en d’autres termes de Cannabis, est interdite et illégale sur L’île de La Réunion comme partout ailleurs sur le territoire Français, depuis 1970. 

Au 19° siécle, les engagés hindous ont amené ce qu’ils appellaient ‘bakka’ ou ‘bonga’; les esclaves utilisaient le zamal au cours de cérémonies spirituelles ou pour usage personnel à titre de réconfort. Par la suite, il en fût fait un usage « traditionnel », parfois festif, pour célébrer la fin des récoltes, parfois domestique, quasi mystique, lorsqu’on le frottait sur les coucougnettes des coqs bataille pour accroître leur combativité, ou lorsqu’on le donnait à manger aux poules pour les rendre meilleures pondeuses.

Le zamal était également très prisé chez les anciens (les « gramouns ») qui en faisaient des décoctions aux vertus thérapeuthiques plus ou moins avérées (pour calmer l’asthme, les angoisses et les douleurs au bas-ventre), ou le fumaient lors de réunion entre gramouns. Extrait de Blog-Cannabis.com

Seulement voilà, parlez-en avec un natif et il vous dira : « Ça pousse tout seul ici, il te suffit de jeter une poignée de graines au bord d’un chemin et tu te retrouve rapidement avec un gros bouquet de Zamal« 

 

Présentation typique du Zamal Réunionnais d’aujourd’hui sur le marché parallèle

 

De surcroît selon les spécialistes locaux, l’insularité a permis au Chanvre Indien de muter au fil des décennies pour atteindre des des niveaux de qualité d’un aboutissement génétique exceptionnel, sous la forme de variétés originales, dénommées ‘Land Races’.

Mais en réalité le quotidien des cultivateurs d’aujourd’hui ce sont les hybrides commerciaux, les fameuses land races deviennent rares, les goût se standardisent. C’est aussi ce que nous confiait un grower local du surnom de ‘Weedman’

« C’est sur que des goûts de mangue yen a beaucoup … mais personnellement je n’ai jamais vu sur le marché ou dans les jardins de de Mangokarot. Comme plus personne n’en cultive la légende s’éteint petit à petit ici …

Les landraces sont remplacées par des hybrides beaucoup plus quelconques mais qui sont capables de résister et de produire suffisamment. Ces variétés importées et génétiquement modifiées sont plus rapides et plus fortes en goût mais bien moins puissantes qu’un vrai zamal.

En hollande et espagne les herbes sont peut-être intéressantes au goût mais on est très loin du goût pur et original de l’herbe « Cannabis sativa »

Après avoir passé 3 ans à cultiver ici je refuse de fumer des hybrides dont je trouve l’arrière goût chimique totalement écoeurant.

 » Weedman

 

 

Différence de structure, à gauche la forme en sapin des dominances indica – a droite les branches étendues et couvertes de petites fleurs des sativas, super sativas et landrace. Probablement du Zamal – Photo Zamal 974 @FB

Zamal en images – Crédits Kporal

Morceaux choisis par Blog-Cannabis :

Capture d’écran – Blog-Cannabis.com – Tous droits réservés

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#Canne a Glyphosate

La culture industrielle de la Canne à sucre sur l’Île de la Réunion, c’est peu comme l’industrie automobile de la rust-belt Américaine. Un truc sans avenir et polluant, pour lequel tout un environnement toxique a été mis en place et qui finit logiquement par s’effondrer sur lui-même.

Dans le cas de la canne à sucre le mot toxique qui vient tout de suite dans la conversation c’est le mot ‘Glyphosate’. Et là même nous on ne plaisante plus…

Bioéthanol, culture de Canne pour la fibre, de multiples pistes sont à l’étude par les pouvoirs publics et les association afin de trouver une issue à la crise durable, que traverse l’exploitation intensive de la Canne à sucre sur l’Île. Mais rien ne semble en mesure de contrarier le plongeon de cette industrie locale autrefois florissante et en proie à une concurrence mondiale qu’elle n’est plus en mesure d’affronter aujourd’hui. Pas même l’usage intensif de pesticides, quel qu’en soit le prix humain à payer.

 

Capture d’écran – Linfo tous droits réservés

 

En réalité plus les processus de production se sont mécanisés, plus l’exigence de productivité s’est accrue avec la Canne à sucre, moins il est devenu important de considérer la santé du consommateur ou le respect de l’environnement.

#Du Bio?

Alors, depuis que la santé des consommateurs des agriculteurs et de leurs voisins est redevenue une priorité. On pourrait s’attendre à ce que l’idée du bio soit aussi passée par là … Effectivement l’idée est bien passée, mais très vite, il faut dire aussi que manifestement elle ne s’est pas attardée très longtemps.

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S’agissant de cultiver de la canne a sucre bio, c’est totalement, hors de propos. En voici l’illustration, avec la réponse de Sylvie Lemaire, déléguée générale du syndicat du sucre (Tereos, Source RFI)

D’abord, il n’y a pas le marché. Ensuite, on est en zone tropicale et on ne sait pas se passer d’herbicides. Les plantes de service ne suffisent pas. Et puis le coût de main d’oeuvre est trop élevé. C’est possible sur 500 m², pas à grande échelle. La Guadeloupe et l’île Maurice ont essayé mais elles ont abandonné », assure-t-elle. Les obstacles semblent pléthoriques. Industriel, chercheurs, syndicats, et l’immense majorité des planteurs sont unanimes : « La canne bio, c’est compliqué. »

#Scandale sanitaire

Sans nécessairement entrer dans des polémiques politiciennes, le Glyphosate reste la source d’un énorme scandale sanitaire à échelle mondiale à l’heure actuelle. Les associations de testeurs volontaires se multiplient, les procès vont probablement s’en suivre. Le monde change, les consciences s’éveillent…

Capture d’écran L’obs – Tous droits réservés

Alors ce que nous devrons principalement retenir après ce bref chapitre au sujet du sucre à la Réunion c’est une idée essentielle : Le Glyphosate est partout, dans les produits, dans les eaux, très probablement dans les sols eux mêmes.

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Cependant les spécialistes s’accordent qu’il faudrait au chanvre entre 3 et 5 ans pour dépolluer intégralement les sols de ce type de pesticides ou d’autres désherbants tout aussi malsains. En revanche les plantes issues de cette dépollution seraient impropres à la consommation, ça va de soi … le bon Zamal devra sans doute pousser ailleurs, au moins au début. Surtout s’il est destiné à un usage bien-être/santé.

Image Campagne Glyphosate La réunion @Hello Asso – Tous droits réservés

#Cannabis Thérapeutique

Soudain, c’est une épidémie, après la Creuse, le Cher, certaines communes des Pyrénées, la Bretagne, la commune de Paris, c’est La Réunion qui est désormais agitée par les remous de la vague verte. Quoi de plus normal pour une île nous direz-vous. Pas si évident.

Car à la Réunion le Cannabis cause un gaspillage de ressources d’état innommable, pour une guerre sans fin, il s’en cultive dans tous les coins.

En fait personne ne vient à bout d’une plante indigène, ni les sucriers, ni les pesticides ni l’état Français aussi toxique qu’il puisse se vouloir. Il faut simplement arrêter de croire que ce genre de chose est possible, un point c’est tout. Tous les plans banlieues ne feront qu’ajouter la honte au gaspillage d’argent public, la légalisation mondiale du Cannabis est désormais inéluctable.

 

 

En attendant, il semble bien que les dernières conclusions de L’ANSM aient mis la puce à l’oreille de tous ceux qui voudraient tourner la page de la prohibition du chanvre et du Cannabis en France.

Toutefois, il y a un facteur essentiel qui semble échapper autant aux politiciens qu’aux agriculteurs et c’est le temps. En effet : plus les ‘expérimentations thérapeutiques’ ultra surveillées des ministères compétents dureront, plus les multinationales étrangères seront en mesure de sucrer le marché du Cannabis à la Réunion, comme ailleurs. Question de survie me direz-vous.

 

Une de Libération – Tous droits réservés

Ainsi, il ne paraît pas sot, de regarder du côté de la prochaine échéance présidentielle en France avec cet apriori : Si le prochain président(e) de la république Française n’a pas le courage de légaliser un authentique Cannabis Français au titre d’un patrimoine agricole et culturel national. Alors tout espoir de représentation Française sur ces marchés mondiaux et nationaux sera définitivement perdu, à la Réunion comme ailleurs.

Et puis, si vous voulez un avis partagé par les cultivateurs locaux avec lesquels nous avons échangé à la rédaction : En substitution d’un long projet thérapeutique, un authentique espoir ‘Cannabicole’ à la réunion tiendrait surtout en 3 petites lettres: A.O.C. …  à bon entendeur …

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Remerciements : Weedman // Kporal // Zamal FTW!

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Sources : RFI /// Linfo.re //// Lobs /// *Imazpress /// Blog-Cannabis /// Facebook

– Jean-pierre Ceccaldi pour The Blinc Group – Le Cannabiste 2018 Tous droits réservés –

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