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Giraud: L’art de faire varier les effets du hachich

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L’art de faire varier les effets du hachich est un titre qui ne date ni de ce matin ni d’hier. L’art de faire varier les effets du hachich, s’il avait été écrit aujourd’hui, aurait sans doute dû s’appeler autrement, sous peine de ne jamais voir le jour …

Enfin, l’Art de faire varier les effets du hachich avec un grand A et sans S dans le mot haschich, ça fait tout de même plaisir de l’écrire trois fois d’affilée dans un chapeau d’article en 2022. Même si ce titre n’est pas de nous et qu’il est âgé de 141 ans.

Le Cannabiste vous invite aujourd’hui à un voyage dans le temps, en compagnie de l’historienne Zoë Dubus, qui nous parle de ce fameux livre, du pharmacien Jules Giraud: ‘l’art de faire varier les effets du hachich’ publié en 1881 et de 4!

Zoë Dubus est doctorante en histoire de la médecine à l’université d’Aix-Marseille. Sa recherche traite des transformations des pratiques médicales en lien avec l’utilisation de psychotropes en France, du XIXe siècle à nos jours. Zoë est également chercheuse associée de l’Institut des humanités en médecine au CHU Vaudois de Lausanne.

* * *

En 1881, le pharmacien Jules Giraud rédige pour l’Encéphale, une grande revue de psychiatrie, un article au titre évocateur :

« L’art de faire varier les effets du hachich »

Au XIXe siècle, il n’est pas rare de cultiver du cannabis chez soi pour en faire des tisanes ou le fumer. Jusqu’à la crispation qui apparaît à la fin des années 1880 au sujet de la morphine, les psychotropes sont à l’époque consommés tant dans une visée thérapeutique qu’hédoniste.

Zoë Dubus

Ainsi, le célèbre pharmacien François Dorvault écrit-il en 1848 : « Lorsqu’on prend du haschisch par plaisir, on doit être à jeun ». En médecine, le cannabis est peu employé mais est conseillé notamment pour ses effets antalgiques sans que son action psychotrope ne soit un problème :

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« Cette substance agit rapidement et sûrement. Si elle provoque quelques vertiges, il suffit de modérer ou diminuer son emploi. »

explique un médecin en 1887. La séparation binaire entre l’usage de substances « à des fins médicales » et « à des fins récréatives », caractéristique du discours actuel, n’avait pas encore été établie.

 

L’auto-expérimentation des médecins, qui est alors la norme depuis que l’aliéniste Moreau de Tours a théorisé le fait que l’expérience des psychotropes était ineffable, c’est-à-dire intraduisible par le langage, est un passage obligé.

* * *

En 1847, un médecin se moque ainsi d’un de ses confrères ayant publié une étude de cas présentant des « Accidents occasionnés par le hachisch » chez deux étudiants en droit :

« Nous avons lu avec la plus grande attention cette note, et il en est résulté pour nous la conviction que notre savant confrère, qui, on le voit bien, ne connaît pas par lui-même les effets de la préparation dont il s’agit […] s’en est tout simplement laissé imposer par une des formes si variées de l’hallucination du hachisch, qu’il a prise au sérieux. »

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Jacques-Joseph Moreau de Tours – Image Wikimedia

 

L’auteur démontre dans l’article que les effets du cannabis se dissipent rapidement sans conséquence négative et insiste sur leur grande variabilité en fonction du contexte de la prise. Il conclut :

« nous ne saurions trop recommander à ceux qui veulent l’essayer, de faire leur expérience quand ils sont sous l’influence d’idées gaies, et de s’entourer de personnes prudentes, qui se gardent bien, par leur manière d’être, d’inspirer la moindre tristesse à ceux près desquels elles se trouvent. »

 

Les membres du Club des Hashischins, réunissant des médecins, des artistes et des intellectuels afin de faire des expériences avec l’opium et le cannabis, participaient à améliorer les connaissances sur la variabilité des effets des psychotropes en fonction du contexte.

 

 

En 1881 donc, Jules Giraud décrit ses techniques pour obtenir soit un effet hypnotique (pour « hâter le sommeil »), qualifié de « médical », soit un effet excitant pour jouir de la « stupeur voluptueuse » induite par la substance. Afin de s’assurer d’obtenir le deuxième effet, il s’agit de ne pas se laisser endormir.

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  • Pour cela, Giraud recommande d’écouter de la musique en buvant du café à bonne dose. Alors de « magnifiques panoramas déroulent sur l’écran de votre cerveau » si tant est qu’on ne craigne pas de s’aventurer « dans la région des ombres où les attendent d’étonnantes aventures. »
  • Le cannabis consommé à cette époque n’est pas fumé mais mangé dans des préparations à la pistache et au miel (le Dawamesck). Or, utilisé de cette manière, ses effets sont bien plus puissants que lorsqu’ils sont fumés, se rapprochant d’effets psychédéliques.

 

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L’auteur explique qu’il s’agit de se suggestionner soi-même et de « braquer [son] attention sur les sujets préférés » pour voir apparaître une « explosion d’idées et d’images » positives.

Il se sert du cannabis pour développer sa créativité mais parfois, les effets le submergent : alors qu’il s’était suggestionné afin de trouver un titre à l’un de ses articles, et

« après avoir eu la satisfaction d’en avoir imaginé une vingtaine […] je ne pouvais plus m’empêcher de penser à ce problème que je savais pourtant résolu. »

Après avoir « lutté longtemps », il ne trouve l’apaisement de son obsession qu’en se plongeant dans le sommeil.

 

* * *

Il apporte d’ailleurs des conseils pour « dissiper une ivresse qui prendrait un caractère désagréable », en ajoutant toutefois que les moyens décrits sont ses moyens, c’est-à-dire ceux qui fonctionnent avec lui mais qui pourraient être sans effets sur d’autres.

 

 »lassociation entre le café et le cannabis est un puissant stimulant intellectuel

 

Il recommande ainsi « d’éteindre dans le sommeil » les hallucination grâce à l’eau de vie ou bien de consommer plus de café pour renforcer « le sentiment de notre personnalité [qui] nous permet de réagir contre le courant des conceptions délirantes ». Giraud souligne que l’association entre le café et le cannabis est un puissant stimulant intellectuel et ajoute qu’un ami également psychonaute a « tenté une conférence sous cette double influence » et s’en est trouvé très bien.

 

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Cet article (qu’on peut retrouver ici) destiné d’abord aux professionnels de santé, fait ensuite l’objet de comptes rendus dans la presse populaire. Au début du XXe siècle encore, il n’est pas rare de trouver des publicités dans la presse pour des cigarettes ou des feuilles à rouler au cannabis, soit dans un but thérapeutique soit pour ‘Fumer du bonheur, de l’esprit et du rire’.

 

 »des soldats en pleine forme pour aller se faire massacrer sur le front

 

En 1916, alors que l’usage du cannabis ne pose pas de problème sanitaire, la France l’inclut pourtant dans la nouvelle liste des « stupéfiants » dont la vente devient interdite sans une ordonnance et en condamne l’usage « en société ». Les raisons de ce classement sont doubles : d’abord, le discours bourgeois qui assimilait consommation de psychotrope et oisiveté, vice, improductivité inquiétait le gouvernement qui avait besoin que ses soldats soient en pleine forme pour aller se faire massacrer sur le front.

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D’autre part, les Etats-Unis, alliés de la France, n’entraient pas en guerre. Depuis plusieurs années, le pays tentait, dans une logique conservatrice et morale, de faire interdire au niveau international l’usage de psychotropes. Le gouvernement français voyait dans l’adoption d’une législation prohibitionniste un geste d’amitié. Cette nouvelle législation ne concerne en revanche pas les colonies françaises, puisque le commerce du cannabis représentait 1/3 des recettes de la régie du Maroc.

Finalement, le cannabis sortira de la pharmacopée en 1953.

Zoë Dubus est sur Twitter à cette adresse : https://twitter.com/ZoeDubus

Retrouvez tous mes fils historiques sur les psychotropes sur mon site internet : https://dubuszoe.wordpress.com

 

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