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Le Valais met aux enchères 111 kilos de haschisch au CBD saisi par la justice

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On savait les administrations capables de vendre des voitures saisies ou des montres oubliées, un peu moins des blocs de résine. En Valais, l’autorité chargée de liquider les biens confisqués a pourtant mis en vente 111 kilos de haschisch, conditionnés en portions de 100 grammes sous vide, sans prix minimum et ouverts à toute personne prête à enchérir. La marchandise n’a rien d’illicite, il s’agit de haschisch au CBD titrant 0,4 % de THC.

Quand c’est l’État qui joue les grossistes en résine, l’histoire mérite un détour. Les curiosités du chanvre légal, on les décortique sur Le Cannabiste.

Source : Service des poursuites et faillites du canton du Valais (Florent Champliau, chef adjoint).

Un office cantonal se transforme en salle des ventes

L’opération a de quoi surprendre par sa banalité administrative. Les 111 kilos ont été proposés sur la plateforme de ventes du canton, comme n’importe quel lot mis à l’encan, avec la possibilité de repartir avec un seul kilo ou d’emporter la totalité du stock. Aucun montant plancher n’a été fixé, la logique de l’enchère faisant seule le prix.

Le calendrier était serré. Les offres devaient parvenir au service avant le 28 août 2026 à minuit, guichet numérique refermé une fois l’heure passée. Pour le chef adjoint du service compétent, l’exercice sortait clairement de l’ordinaire, au point qu’il le résume d’une formule sans détour.

C’est la première fois que ce type de marchandise est proposé à la vente.

Florent Champliau, chef adjoint du service cantonal compétent
Portions de résine brune emballées sous vide, alignées sur une table administrative neutre, sans texte ni logo

Une cargaison saisie par la justice avant de finir aux enchères

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Si un service de poursuites se retrouve à écouler du haschisch, c’est que la marchandise a d’abord changé de mains par la contrainte. Le responsable du service souligne que ces kilos ont été récupérés dans le cadre d’une saisie ordonnée par la justice cantonale. Une fois le sort pénal réglé, restait à décider du devenir de ces blocs parfaitement conservés.

C’est là qu’intervient la mécanique feutrée de l’administration. Plutôt que de détruire un produit qui, sur le plan légal, ne pose pas de problème en Suisse, le canton a choisi de le réaliser, c’est-à-dire de le transformer en argent au bénéfice de la procédure. Aucun prix ni aucune estimation de recette n’a été communiqué, le résultat de la vente dépendant entièrement des offres reçues.

Du haschisch, oui, mais résolument au CBD

Le mot haschisch fait immanquablement lever un sourcil, mais le détail qui change tout tient dans un chiffre, 0,4 % de THC. À ce niveau, on parle d’une résine de CBD, pensée pour la détente et non pour l’effet planant que suppose le mot dans l’imaginaire commun. La molécule psychoactive y est présente à l’état de trace, loin des taux d’un cannabis de rue.

Cette nuance a une traduction juridique très concrète de l’autre côté du Léman. En Suisse, un produit à base de cannabis affichant moins de 1 % de THC n’est pas considéré comme un stupéfiant, ce qui range ce haschisch dans la catégorie des marchandises tout à fait licites. D’où la sérénité d’un office public qui le propose au grand jour, avec la même neutralité qu’un lot de mobilier.

Le paradoxe valaisan, vendre le CBD mais fermer la porte au cannabis

La scène a un petit goût d’ironie, car le Valais n’est pas exactement le canton le plus enthousiaste en matière de cannabis. Ses autorités ont fermé la porte à une participation aux essais pilotes de vente encadrée, et le Grand Conseil a acté que le canton resterait à l’écart de ces expérimentations. D’un côté un refus politique du cannabis récréatif, de l’autre un service qui en vend une variante légale sur sa plateforme officielle.

Le contraste est d’autant plus visible que d’autres villes suisses avancent dans la direction opposée. On pense notamment à la vente régulée de cannabis expérimentée à Zurich, où des adultes achètent leur herbe dans un cadre suivi et mesuré. Deux visions coexistent dans le même pays, l’une qui teste le marché légal, l’autre qui préfère l’observer de loin tout en liquidant, à l’occasion, quelques kilos de résine.

En France, un tel haschisch resterait sous le comptoir

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Transposée à Paris, l’histoire tournerait court. Les produits finis à base de chanvre vendus en France doivent afficher au maximum 0,3 % de THC, seuil aligné sur le cadre européen et posé par l’arrêté du 30 décembre 2021. Depuis l’annulation par le Conseil d’État de l’interdiction de vente, fleurs et résines brutes se commercialisent librement, à condition de respecter ce plafond.

Or notre haschisch valaisan pointe à 0,4 %, soit un cheveu au-dessus de la limite hexagonale. Le même bloc, parfaitement vendable en Suisse, se retrouverait donc interdit à la commercialisation dès le passage de la frontière. Une différence de 0,1 point qui rappelle à quel point, sur le CBD, l’Europe avance encore en ordre dispersé.

Rayon d'une boutique de CBD en France avec des bocaux neutres de résine et de fleurs, sans marque ni texte lisible

Reste une image cocasse, celle d’un service public qui met un marteau de commissaire-priseur sur des portions de résine bien rangées. Preuve, s’il en fallait, que le chanvre légal a définitivement quitté la marge pour s’inviter jusque dans les procédures les plus administratives.

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