États-Unis : l’Alabama lève sa dernière objection au cannabis médical en annexe III

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Aux États-Unis, un État de plus vient de retirer le dernier verrou local à la réforme du cannabis. En Alabama, l’organe dirigeant de la santé publique a levé, à la mi-septembre 2026, son objection au passage du cannabis médical en annexe III (Schedule III), le rang le moins sévère où la justice fédérale a décidé de le placer. Le vote a été unanime.

Une réforme qui avance État par État, sans fanfare mais sans marche arrière. Pour suivre la carte mouvante du cannabis américain sans s’y perdre, c’est sur Le Cannabiste.

Source : Drug Enforcement Administration (Department of Justice), règle finale sur le reclassement du cannabis, publiée au Federal Register en avril 2026.

Ce que l’Alabama vient de trancher

Le comité de santé publique de l’État s’était mis en travers de la route au printemps. En mai 2026, il avait officiellement objecté à l’application du reclassement fédéral, le temps de recueillir l’avis du public et des acteurs concernés. Une audience publique s’est tenue en juillet 2026, marquée par des prises de parole très tranchées, pour comme contre.

À la mi-septembre, l’objection est tombée. Le service juridique de l’administration sanitaire a estimé avoir levé ses réserves d’application, notamment sur les conséquences pour les pharmacies et pour les patients qui cherchent à se soigner. Rien ne s’oppose donc plus à ce que le nouveau statut fédéral produise ses effets en Alabama.

Un reclassement fédéral partiel, pas une légalisation

C’est le point que la plupart des raccourcis manquent. Le 23 avril 2026, le ministère de la Justice américain a publié une règle finale, parue au Federal Register le 28 avril 2026, qui ne fait pas basculer tout le cannabis. Elle range en annexe III deux choses précises : les produits à base de marijuana approuvés par l’agence du médicament (FDA) et le cannabis médical distribué sous licence d’un État. Le reste, la marijuana en général, demeure en annexe I au niveau fédéral.

Le reclassement complet, lui, n’est pas acté : il fait l’objet d’une procédure administrative distincte, dont l’audience accélérée a débuté le 29 juin 2026. La séquence remonte à un décret signé fin 2025 par Donald Trump, qui demandait au ministère de la Justice d’avancer sur le dossier. C’est cette dynamique que nous avons détaillée quand le reclassement du cannabis en annexe III aux États-Unis est entré dans sa phase finale.

Ce que l’annexe III change pour les acteurs

Passer de l’annexe I à l’annexe III n’est pas qu’une affaire de vocabulaire. Pour les entreprises du cannabis médical sous licence d’État, le changement ouvre la déduction de leurs frais professionnels au niveau fédéral, un poste que la fiscalité américaine leur refusait tant que le produit restait en annexe I. Sur des marges déjà étroites, l’écart est loin d’être symbolique.

Le second effet concerne la recherche. Le statut d’annexe III facilite l’accès des chercheurs aux produits légaux au niveau des États, là où l’annexe I verrouillait les protocoles. De quoi accélérer, à terme, la production de données cliniques sérieuses, le nerf de la guerre pour un usage médical crédible.

Un programme médical qui tournait déjà

L’Alabama n’a pas attendu le fédéral pour ouvrir son marché. L’État a légalisé le cannabis médical en 2021 et son programme a commencé à servir des patients en 2026, avec une poignée de points de vente et un objectif de près de 40 officines à pleine capacité. Le patient doit justifier d’une pathologie éligible et d’une recommandation d’un médecin certifié auprès de la commission dédiée de l’État.

Le programme fonctionne déjà, même si le produit reste en annexe I au niveau de l’État. Le texte a été écrit pour, en pratique, décriminaliser l’accès des personnes autorisées à en détenir.

Le responsable de la santé de l’État d’Alabama

Reste la mécanique juridique locale. En Alabama, un changement de classification décidé au niveau fédéral s’applique automatiquement dans l’État au bout de 30 jours, sauf si le comité de santé publique s’y oppose. C’est exactement ce levier que la commission avait actionné en mai, puis relâché à la mi-septembre.

Et en France ?

La comparaison a ses limites, car les deux pays ne parlent pas le même droit. En France, le cannabis reste classé comme stupéfiant et il n’existe aucun usage récréatif légal. L’usage médical, lui, sort de sa longue phase d’expérimentation pour entrer dans une généralisation encadrée, pilotée par l’agence du médicament.

Autrement dit, la France avance sur la seule porte médicale, quand les États-Unis composent avec une mosaïque d’États et un cadre fédéral qui bouge par à-coups. Deux rythmes, deux logiques, mais une même direction de fond : sortir le cannabis médical du statut de simple interdit.

Les points à retenir

  • L’Alabama a retiré à la mi-septembre 2026 son objection à l’annexe III, par un vote unanime.
  • Le reclassement fédéral du 23 avril 2026 est partiel : il vise le médical sous licence d’État et les produits approuvés par la FDA, pas toute la marijuana.
  • Le statut d’annexe III ouvre la déduction fiscale des frais et facilite la recherche.
  • Le programme médical de l’Alabama, légalisé en 2021, tournait déjà au niveau de l’État.

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