Une juge AmĂ©ricaine du New Jersey, la trĂšs honorable ‘Ingrid L. French’ vient d’obliger la mutuelle santĂ© d’un salariĂ© de 39 ans accidentĂ© du travail, Ă le dĂ©dommager rĂ©troactivement de la totalitĂ© de ses dĂ©penses mĂ©dicales pour du Cannabis.
L’homme qui avait dĂ» se rĂ©soudre a revenir aux opiacĂ©s, va pouvoir de nouveau reprendre son traitement Ă base d’herbe sĂšche. Le Cannabis mĂ©dical remboursĂ© par la sĂ©curitĂ© sociale, c’est sur Le Cannabiste et nulle part ailleurs.
Remix en Août 2020, article original publie le 14 mars 2019
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#Civil
Aux Ătats Unis ce n’est plus la justice pĂ©nale qui est mobilisĂ©e par des questions liĂ©es au Cannabis, mais dĂ©sormais le droit civil. Une juge spĂ©cialisĂ©e dans le droit du travail vient de statuer sur un cas bien particulier impliquant du Cannabis et un accidentĂ© du travail. Alors qu’ailleurs on arrĂȘte et on emprisonne les consommateurs, ici la justice vient de dĂ©cider qu’ils doivent ĂȘtre ‘en quelque sorte’ : ‘remboursĂ©s par la sĂ©cu’.

‘En quelque sorte’, car la sĂ©cu aux USA il n’y en a pas. Ce sont les assurances et les mutuelles qui font le boulot. Selon les situations il peut-ĂȘtre long et difficile d’obtenir des remboursements, souvent cela se termine d’ailleurs devant la justice.
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Ăa n’est pas la premiĂšre mais la deuxiĂšme fois dans l’histoire des Ătats Unis qu’une affaire semblable est jugĂ©e par la justice, le dernier procĂšs en date s’Ă©tait tenu au Nouveau Mexique en 2014 Ă Albuquerque. A ce moment lĂ un mĂ©canicien de 55 ans accidentĂ© du travail avait dĂ©jĂ obtenu le remboursement de son Cannabis par l’assurance. L’homme bĂ©nĂ©ficie depuis d’un traitement Ă vie Ă base de Cannabis, gratuitement.
#Andrew Watson,
Ă©tait ouvrier forestier dans le New Jersey, un jour de 2008 c’est l’accident, il se blesse griĂšvement Ă la main.
S’ensuivent une sĂ©rie d’interventions chirurgicales prises en charge son assurance. Puis au moment de mettre en place le programme analgĂ©sique pour lui permettre de supporter la douleur sur le long terme, ce sont les OpioĂŻdes qui seront choisis. Devant son Ă©tat et l’impact de dosages massifs qui Ă©chouent Ă le soulager, Andrew se voit prescrire du Cannabis par ses mĂ©decins.Â

Les quelques onces de Cannabis médical qui sont délivrées à Andrew font effet tout de suite et clament sa douleur. Un seul Hic, le coût global.
Andrew est trĂšs rapidement obligĂ© d’arrĂȘter le traitement aprĂšs que les premiers 1000$ payĂ©s, il se tourne vers les services de l’opĂ©rateur de santé Gallagher Basset son assurance pour en demander la prise en charge.
LĂ c’est la douche froide, on a beau chercher partout, il n’existe pas de case ‘Cannabis MĂ©dical’ Ă cĂŽtĂ© de la case ‘Remboursement des prescriptions’? L’assurance adresse une fin de non recevoir Ă Andrew, il n’y a rien de prĂ©vu dans son cas. Pour le travailleur dĂ©sormais handicapĂ© c’est le retour aux opioĂŻdes, le traitement dangereux et pratiquement inopĂ©rant mais remboursĂ©.
#Neuropathique
C’est l’adjectif mĂ©dical qui qualifie le type de douleur que Andrew subit depuis son accident du travail. Et pour comprendre la maniĂšre dont ça fonctionne, il faut diffĂ©rencier au moins deux types de douleur, la douleur neuropathique et la douleur inflammatoire.
« Les douleurs neuropathiques sont provoquĂ©es par une atteinte des nerfs tandis que les douleurs inflammatoires, les plus frĂ©quentes, sont dues Ă une lĂ©sion des tissus (piqĂ»re, infection…). » Source Le Figaro SantĂ©
Dans le cas d’Andrew ce sont les nerfs qui ont Ă©tĂ© directement endommagĂ©s par la blessure, les douleurs sont de type neuropathiques. Et les traitements Ă base d’opium et de morphine ne fonctionnent pas.
#8 pages
C’est la taille du jugement qui a Ă©tĂ© finalement rendu par l’honorable juge French (NDLR: ça ne s’invente pas!). La juge a pris en compte le tĂ©moignage du requĂ©rant qui n’avait plus d’autre choix que de se tourner vers la justice. Les effets pervers des mĂ©dicaments comme le Percocet Ă base d’Oxycodone que Andrew ne supportait plus et qui de toute façon Ă©chouaient Ă le soulager.
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Voici le jugement rendu par le juge Ingrid French dans l’affaire Andrew Watson, dans son intĂ©gralitĂ©
[pdf-embedder url= »https://lecannabiste.com/wp-content/uploads/2019/03/Watson-Lumber-NJ-MMJ-Decision.pdf »]
Rapport des psychiatres, des mĂ©decins spĂ©cialistes, la juge a pu appuyer son raisonnement sur une approche mesurĂ©e et rationnelle de la question. Il a pu ĂȘtre Ă©tabli que Andrew ne disposait d’aucune autre option pour se soulager et mener ainsi une existence normale.
« Il a tĂ©moignĂ© que les effets de la marijuana, Ă bien des Ă©gards, ne sont pas aussi dĂ©bilitants que ceux du Percocet (c’est ainsi qu’il se rĂ©fĂšre Ă ses prescriptions d’endocet ou d’oxycodone)… En fin de compte, le requĂ©rant a pu rĂ©duire son utilisation de narcotiques par voie orale (…). Le tribunal a conclu que le requĂ©rant avait fait preuve de prudence et de maturitĂ© dans la gestion de sa douleur et qu’il Ă©tait exceptionnellement consciencieux dans la gestion de sa douleur. » Source Dossier
La juge French s’est ainsi dĂ©clarĂ©e convaincue que Watson avait le droit de participer au programme sur la marijuana et que cela Ă©tait « raisonnable et nĂ©cessaire » pour soulager sa douleur persistante.
#Assure ma Weed
Et c’est un jugement qui semble faire le bonheur du requĂ©rant comme de son assurance santĂ©, ce qui est tout de mĂȘme exceptionnel. Du cĂŽtĂ© de l’assurance de santé Gallagher Bassett on se dĂ©clare Ă©galement satisfait de ce jugement. La dĂ©claration de l’avocat Philip Faccenda en tire mĂȘme une jurisprudence pour toutes les assurances privĂ©es du pays. Car le Cannabis est moins cher et moins dommageable en terme de coĂ»ts pour les opĂ©rateurs de ce secteur.Â
« Nous pensons que cela entraĂźnera des Ă©conomies trĂšs importantes sur l’ensemble du secteur de l’indemnisation des accidents du travail dans le New Jersey … Des mĂ©dicaments plus coĂ»teux peuvent ĂȘtre rĂ©duits et la marijuana Ă des fins mĂ©dicales serait une modalitĂ© de traitement moins chĂšre » Philip Accenda avocat de Gallagher Bassett -Source The inquirer

#Ils vécurent heureux
Résumons :
- Accident du travail : opĂ©rations puis douleurs neuropathiques â Cannabis mĂ©dical
- DĂ©penses de santĂ©, personne handicapĂ©e, problĂšme de budget â Assurance santĂ©
- ProblĂšme â Y’a pas la case pour rembourser la weed
- Direction la justice qui dĂ©cide â Il faut rembourser
- On crĂ©e la case pour rembourser â tant mieux c’est moins cher
Voici Ă quoi ressemble la pharmacie d’un patient Français du Cannabis MĂ©dical

Tout le monde sort gagnant de cette histoire:
- La science avec un mĂ©dicament qui soulage vraiment et qui n’a que trĂšs peu d’effets indĂ©sirables
- Les assurés avec une jurisprudence qui fera date, en faveur du remboursement du Cannabis
- Les patients en souffrance dont le quotidien pourra ĂȘtre amĂ©liorĂ©
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VoilĂ voilĂ , à prĂ©sent il faut qu’on vous laisse parce que pour soulager nos douleurs chroniques en France avec du Cannabis, nous allons devoir
- Slalomer entre les contrĂŽles et les arrestations â La lose
- Trouver un four dans une citĂ© de banlieue â La lose
- Entendre un mĂŽme de 14 ans vous dire ‘shit ou coke?’Â â La lose
- Se farcir du tabac coupĂ© au Tchernobyl â La lose
- Enrichir des gens peu recommendables â La loseÂ
Finalement pour trouver la prohibition du Cannabis sympa, il faut aimer ‘La lose’, la souffrance et l’argent perdu.
#resistance
Sources : The Inquirer /// Reuters //// Natural Blaze //// le Figaro Santé
 â Jean-pierre Ceccaldi pour The Blinc Group – Le Cannabiste 2018 Tous droits rĂ©servĂ©s â













