8 traitements médicaux concurrencés par le Cannabis

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Force est de constater qu’aux États-Unis comme au Canada, la consommation du Cannabis sous la forme de fleurs séchées ou à base de produits dérivés de fleurs, est beaucoup plus répandue qu’en France. Chez nous, le mélange tabac-shit, s’il est présenté comme un confort thérapeutique de l’aveu des usagers, ne peut pas bénéficier du titre de ‘médicament’. Au risque de répéter une évidence, les effets délétères du tabac et du haschich dans la fumée font naturellement, que parler de médicament à cet endroit serait une contre-vérité scientifique. Tout le monde s’accorde à reconnaître ce dernier point avec la majorité des utilisateurs concernés, le mot shit n’est d’ailleurs pas totalement hors propos en la matière.

Par contre, outre Atlantique il est désormais notoire que le Cannabis consommé sous la forme d’herbe ou d’huiles, se substitue régulièrement à un certain nombre de traitements connus et très largement employés. Plusieurs instituts Américains et Européens se penchent en ce moment sur la question. Voici les 8 cas ou le Cannabis pourrait se substituer aux traitements existants.

 

Image : Frédéric Bisson @Flickr

 

Attention ! Ceci est un article à caractère divertissant et informatif. Ne modifiez pas votre traitement médical sans avoir préalablement consulté votre médecin. L’usage du Cannabis reste l’objet d’interdictions et de réglementations dans chaque pays. Cet article ne constitue pas une invitation à enfreindre la loi pour des raisons de santé. En cas de doute sur un traitement, renseignez auprès de l’Agence Nationale de la Santé et du Médicament.

 

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Lorsqu’ils reniflent l’odeur du Cannabis aujourd’hui chez BigPharma and Co, ce qui domine c’est un sentiment de nausée. Car depuis les récentes légalisations contrôlées du Cannabis dans certains états US, c’est plus de la moitié des ventes de médicaments qui sont parties en fumée. Un changement de paradigme en matière d’auto-médication particulièrement remarquable dans les 8 domaines qui suivent.

 

#1: Opiacés contre la douleur

Ce serait une catégorie de médicaments en voie d’extinction directement à cause du Cannabis; En effet selon le site Américain spécialisé The Journal of Pain‘ : 35.8% des traitements antalgiques classiques sont actuellement remplacés par du Cannabis. Certains médicaments, qui peuvent parfois se révéler dangereux en cas de surdosage comme avec la Vicodine®, le Roxicet® ou le Percocet® sont directement concurrencés par le Cannabis à usage médical. L’apparition progressive de nouveaux traitements antalgiques à base de Cannabinoïdes va sans doute amplifier ce phénomène dans les années à venir.

Toujours selon The Journal of Pain, une majorité des patients rapporte une amélioration de la qualité de vie, et un équilibre retrouvé en matière l’alimentation. Les témoignages d’ordre général dans le traitement de la douleur chronique, font état de souffrance diminuées mais aussi d’appétit retrouvé, et d’une qualité de vie améliorée dans une majorité de cas où le Cannabis été employé de manière thérapeutique pour lutter contre la douleur.

 

Image : Wikimedia Commons

#2: Benzodiazépines

C’est le cas typique d’une catégorie de médicaments face auquel le Cannabis possède de nombreux atouts communs : Amnésiant, Anxiolytique, Myorelaxant et Anticonvulsif – c’est surtout vrai pour le CBD. La où c’est légal, le Cannabis est largement employé par des personnes souffrant de troubles psychologiques comme l’anxiété sociale et les crises de panique.

Les médicaments qui sont fréquemment employés pour traiter ces symptômes sont souvent le Valium®, le Tranxen®, le Lexomyl® ou le Xanax® par exemple. Mais désormais, le Cannabis est assez fréquemment utilisé par des personnes qui font l’objet de dépression chronique ou aiguë, sous surveillance médicale.

Là où la loi permet l’usage comme au Canada aujourd’hui il sera bientôt possible d’obtenir des statistiques sociales, médicales, puis finalement de procéder à des essais cliniques encadrés, impliquant le Cannabis.

Image Eric Ward @ Unsplash

#3: Sédatifs

C’est souvent le reproche qui est fait au Cannabis à usage social, des propriétés sédatives voire léthargiques. L’effet planant fait néanmoins le bonheur de nombreuses personnes qui sont victimes de troubles du sommeil. D’après une publication du très sérieux ‘Journal of Psychiatry’ sur une étude dont le lien est ici, le THC à dose contrôlée régulerait les flux hormonaux pendant la nuit et réduirait les risques d’apnée du sommeil. Le Cannabis permettrait ainsi de stabiliser la respiration pendant le sommeil et d’obtenir un sommeil continu. Les bénéfices seraient notables chez des personnes atteintes de troubles psychologiques liés à l’endormissement. A l’heure actuelle le médicament typiquement prescrit dans ce genre de troubles aux US, s’apelle le Zolpidem® par exemple. 

#4: Antidépresseurs

Un des effets majeurs des Cannabinoïdes c’est la psychoactivité, comme l’alcool. Or il est notoire que le sentiment d’euphorie qui résulte de la prise d’alcool est souvent vécu momentanément comme un antidépresseur par ses usagers. C’est aussi la dimension ‘sociale’ de la consommation d’alcool. Voilà pourquoi le niveau moyen des ventes d’alcool est un marqueur intéressant pour d’illustrer les usages légaux et sociaux et l’automédication en matière de Cannabis.

Dans un contexte de légalisation partielle début 2018, les ventes d’alcool avaient déjà diminué de 15% en moyenne aux USA là où l’usage social du Cannabis s’est répandu. D’après Forbes, jusqu’à 27% de consommateurs de bière auraient choisi de passer à la Marijuana. Selon des statistiques établies par un syndicat de marques Américaines cela représentera un manque à gagner de 2 Milliards de Dollars d’ici la fin de l’année. 

Jusque là traitée par des médicaments comme le Zoloft® la dépression est une maladie qui est souvent traitée par le Cannabis médical aujourd’hui. Les Cannabinoïdes provoque un effet cascade depuis la stimulation des récepteurs du système endogène jusqu’à l’équilibre chimique du cerveau en particulier.

Le Research Institute on Addictions de Buffalo  dans l’État de New York, a étudié les implications du Cannabis sur des sujets atteints de stress chronique aigu. Le directeur de recherche le professeur Samir Haj-Dahmane déclarait en 2103 à ce sujet : « L’utilisation de composés dérivés du cannabis – la marijuana – pour rétablir une fonction endocannabinoïde normale pourrait potentiellement aider à stabiliser l’humeur et à soulager la dépression ».

 

Image : Hunter Newton @ Unsplash

 #5: Les psycho stimulants

Dans les cas de symptômes de trouble de l’attention, hyperactivité, déficit de concentration et autres troubles compulsifs du comportement, l’usage thérapeutique du Cannabis se dévelloppe. De récentes micro-études publiées notamment en Allemagne témoignent de l’efficacité de l’herbe de Cannabis pour aider les patients qui souffrent de ce genre de trouble à retrouver une concentration et une qualité de sommeil acceptables sans l’aide d’un traitement chimique traditionnel. 

Là où le Cannabis se révèlerait intéressant, c’est au niveau de l’absence d’effets secondaires souvent décrits comme aliénants et liés aux des traitements traditionnels tels que l’Adderall® ou la Ritaline® sur ce type de pathologie.

 

Image Kat J @ Unsplash

#6: Les anti-inflammatoires

Sur l’homme comme sur l’animal, les effets anti-inflammatoires du Cannabis sont souvent décrits comme ‘spectaculaires’. Le journal Future Medicinal Chemistry s’est intéressé récemment aux propriétés anti-inflammatoires du Cannabis avant de conclure que l’on avait affaire à une ‘nouvelle génération de traitements anti inflammatoires‘.

Les Cannabinoïdes qui sont employés à cet effet dans des préparations à partir de CBD ou de CBG ne présentent pas de propriétés psychotropes. Aujourd’hui un certain nombre de  médicaments très répandus, mais néanmoins toxiques en surdosage comme l’Ibuprofène® par exemple, pourraient voir leurs ventes s’effondrer, là ou le Cannabis médical a été légalisé. 

 

Image Raw Pixel @ Unsplash

#7: Les traitements contre Alzheimer

Tandis que les non comprenants s’imaginent encore que le Cannabis ramollit le cerveau, la plupart des études montrent à présent qu’il n’entraîne aucune destruction des neurones mais que  tout au contraire. Chez l’adulte le Cannabis favorise le mécanisme de neurogénèse dans le cerveau, au contraire de l’alcool par exemple.

Dans le cas d’Alzheimer, c’est aussi le rôle apaisant du Cannabis qui vient calmer les crises de panique et l’agressivité de certains patients atteints de cette maladie. D’après la Alzheimer’s Society Anglaise, les effets de démence sont considérablement atténués, l’emploi des Cannabinoïdes dans ce domaine permettrait de gérer les problèmes psychiques et comportementaux liées à Alzheimer.

 

#8: Les traitements contre le Glaucome

Depuis les années 1970 et les conclusion apportées les travaux du Professeur Manley West, la consommation de Cannabis sous sa forme florale en fumée diminue drastiquement l’hypertension oculaire.  Nous avions consacré un dossier à ce sujet précis.

La baisse moyenne constatée de pression sanguine dans l’oeil est de l’ordre de moins 25% pour un sujet qui consomme du Cannabis. Mais les effets ne durent qu’une à deux heures, la prise de fortes doses de THC doit ainsi être renouvelée fréquemment. Aucun médicament oculaire à base de THC comme des gouttes n’est encore disponible. L’université de Kingston en Jamaïque travaille toujours sur ce sujet.

 

Image Luca Laconelli @ Unsplash

 

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Sources :

Journal of Pain

Alzheimer Society UK

US National Library of Medicine

Medium

Future Science

Springer

Forbes

 

— Jean-pierre Ceccaldi pour The Blinc Group – Le Cannabiste 2018 Tous droits réservés –

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Fondateur et rédacteur en chef du site : LeCannabiste.com. Je suis un journaliste blogger spécialisé dans le domaine du Cannabis. J'ai été choisi par un incubateur de Cannabusiness New Yorkais pour devenir leur consultant permanent en matière de Cannabis. Je publie de nombreux articles interviews et essais en langue Anglaise ainsi que pour la presse Française et l'industrie du Cannabis en général.